À la caisse ! Les nouvelles mesures d'économies budgétaires du gouvernement Michel

À la caisse ! Les nouvelles mesures d'économies budgétaires du gouvernement Michel

C’est une habitude, quand M. Michel bouche un trou de son budget, il en creuse presque automatiquement un dans le vôtre.

Cependant, les mesures prises ne touchent pas tout le monde en même temps. Ce sont tantôt les malades, tantôt les chômeurs, tantôt les prépensionnés, tantôt les futurs pensionnés, tantôt les femmes, tantôt les jeunes, tantôt les épargnants, tantôt les fonctionnaires…

Manquent à la liste les actionnaires et les hauts revenus  qui, eux, échappent à tout : pas de taxe sur la valeur ajoutée. Pas de réforme fiscale !

Les chiffres

Les économies budgétaires du gouvernement ont été ramenées à 3 milliards. Presque trois quarts (72%) seront des économies dans les frais de l’Etat et les services publics, et 1,3 milliard dans la sécurité sociale dont 902 millions dans le secteur de la santé. Un quart (28%) seront des recettes nouvelles.

Qui va payer ?

1. Les malades

L’essentiel des économies (902 millions)  en matière de sécurité sociale vont peser sur le secteur de la santé. Seront mis à contribution l’industrie pharmaceutique (335 millions), les prestataires de soins dont les honoraires ne seront indexés qu’à 1/3 (247 millions), les hôpitaux qui devront faire  92 millions d’économies en supprimant des lits. L’offre de santé va diminuer et des travailleurs de la santé vont perdre leur emploi. 

Mais les patients ne seront pas épargnés.  Si vous êtes malade :

  • Le remboursement des antibiotiques sera diminué - paraît-il pour en réduire l’usage - (économie de 14,8 millions). 

  • Le plafond du Maximum à facturer (MàF) sera indexé. Le MàF permet aux malades chroniques ou de longue durée d’obtenir une gratuité des soins lorsque un plafond (variable en fonction des revenus) de dépenses de santé est dépassé. Si on relève le plafond, la facture adressée aux malades sera plus élevée (économie de 14,1 millions).

  • Les honoraires des médecins ne seront pas intégralement indexés. Cette mesure ne vise pas les patients mais le principal syndicat de médecins a donné des consignes de "déconventionnement" de sorte que les médecins puissent demander des honoraires plus élevés que ce que permet la convention médico-mutualiste.

  • Les BIM (bénéficiaires d’un remboursement préférentiel) dont la composition de ménage change verront leur avantage réduit après un trimestre au lieu de deux (économie de 9,5 millions).

  • Les subventions aux maison médicales (qui pratiquent une médecine sociale de première ligne) seront gelées (économie de 7 millions).

  • En cas d’incapacité de travail, la période de stage (nombre de mois qu'il faut avoir travaillé avant de pouvoir percevoir une indemnité) passe de 6 mois à 12 mois, sauf pour les indemnités de maternité. Ceci touchera surtout les jeunes travailleurs en incapacité de travail (économie de 12 millions).

2. Les allocataires sociaux

L’enveloppe destinées à revaloriser les allocations sociales les plus basses (liaison au bien-être) sera amputée de 161 millions sur le dos des allocataires aux revenus les plus bas.

3. Les (futurs) pensionnés

Le gouvernement continue à s’attaquer aux périodes assimilées, c’est-à-dire les périodes d’inactivité qui comptent pour le calcul de la pension. Il a décidé que, pour les années comptabilisées à partir de 2017, il y aura moins de pension pour les travailleurs qui ont connu des périodes de chômage ou qui, de manière plus large, ont un statut de chômeur.

À partir de 312 jours de chômage (pas nécessairement consécutifs), il ne sera plus tenu compte, pour le calcul de la pension, du dernier salaire mais du salaire minimum

La perte au niveau de la future pension dépend du salaire. Pour un prépensionné de 60 ans qui touchait un salaire moyen la perte se situe entre 200 et 400 € par an.

Les fonctionnaires : les militaires et le personnel roulant de la SNCB verront l’accès à la pension passer de 55 à 57 ans en 2018 pour arriver à 63 en 2030. A terme, la carrière des fonctionnaires devra être comme dans le privé de 45 ans.

Le capital pas ou peu mis à contribution

Les mesures fiscales prises par le gouvernement touchent très peu le capital mais n’épargnent pas les petits épargnants. Ainsi le précompte mobilier, c’est-à-dire l’impôt prélevé à la source sur les intérêts de placements financiers passe de 27 à 30%. Les intérêts sur les comptes d’épargnes restants exonérés à concurrence de 1.880 €/an.

La taxe sur les opération boursières sera doublée mais elle ne représente actuellement que  0,09 % (avec un maximum de 650 euros), 0,27 % (max. 800 euros) et 1,32 % (max. 2 000 euros) des montants. En contrepartie la taxe sur la spéculation qui n’a rien rapporté a été supprimée.

Le gouvernement compte également récupérer 50 millions en luttant contre la fraude sociale et 50 de plus en luttant contre la fraude fiscale (évaluée à 20 bons milliards/an !).

100 millions ont tout de même été inscrits à charge des employeurs qui devront payer une contribution sur les cartes essences octroyées à leurs employés et leur laisser le choix du moyen de transport domicile-travail au lieu d’une voiture de société.

Rien du côté de la taxe sur la valeur ajoutée à la revente d’actions qui reste à 0% quel que soit le gain !

La politique d'austérité de ce gouvernement continue à n'être supportée que par les travailleurs et les bénéficaires d'allocations sociales ! Par ailleurs, cette politique d'austérité ne mène nulle part ! Il est urgent de changer de cap.