Au cœur des élections sociales en entreprise

Au cœur des élections sociales en entreprise

 

 

Rendez-vous aujourd’hui en entreprise pour assister de l’intérieur au déroulement des élections sociales. Au programme : 3 jours de vote, une longue préparation pour les candidats, un travail collectif et une réelle envie de faire du dialogue social une priorité dans l’entreprise.

 

Dans le siège de cette entreprise belge qui compte plus de 10.000 travailleurs dans tout le pays, un peu plus de mille employés, cadres et ouvriers sont appelés à voter pendant 3 jours, du 9 au 11 mai. Doivent y être pourvus une cinquantaine de mandats pour le conseil d’entreprise ou CE (qui réunit employeurs et représentants syndicaux pour parler des questions économiques liées à l’entreprise) et le Comité pour la prévention et la protection au travail ou CPPT (qui, lui, traite des sujets liés à la santé, au stress et à la sécurité au travail). Les 3 syndicats proposent des candidats mais la FGTB sort traditionnellement grande gagnante des élections.

 

Préparation des élections sociales et campagne

Les 6 derniers mois de préparation pour les élections sociales n’ont pas été de tout repos. Mais comme nous l’explique Jean-Jacques, délégué depuis 17 ans, la campagne se fait avant tout sur la base des résultats obtenus : « C’est le travail journalier des délégués pendant les 4 ans qui fait que les travailleurs se tournent vers nous et nous font confiance. »

 

Pour réaliser leur campagne, ils ont donc distribué des tracts pour rappeler le travail réalisé par la FGTB pendant les quatre dernières années : mise en place d’horaires flottants et d’horaires hebdomadaires, maintien de l’emploi individuel avec reclassement des travailleurs et formations, travaux de préparation pour la révison du système barémique en cours…

 

L'engagement des candidats

Mais qu’est-ce qui a poussé ces travailleurs à décider un jour se lancer dans l’aventure de représentant syndical ? Danny nous raconte que c’est avant tout pour l’entraide : « Les travailleurs ne sont pas tous égaux. Il faut aussi pouvoir défendre les droits de ceux qu’on n’écoute pas forcément. On est, en quelque sorte, leur porte-voix. » 
 

La concertation dans les deux organes de concertation est primordiale. D’une part, il y a le travail au sein du CPPT qui est essentiel pour le bien-être et la sécurité au travail et qui a des retombées concrètes et visibles pour l’ensemble des travailleurs.

 

Et puis, il y a le travail au sein du conseil d’entreprise qui est plus discret, mais néanmoins très utile. Les délégués s’intéressent aux perspectives d’avenir de l’entreprise, au développement commercial et à la politique de l’emploi. « Discuter de ces sujets est très intéressant car nous pouvons donner notre avis et rappeler à l’employeur la réalité du terrain, ce qu’il oublie parfois dans ses prévisions… », ajoute Jean-Jacques.

 

Côté employeur

Nous rencontrons enfin le responsable des relations syndicales. Il s’occupe de la concertation sociale au niveau national. Depuis 6 mois, il travaille avec une équipe de 4 personnes à l’organisation des élections sociales. Il considère la tenue de ces élections comme essentielle et estime nécessaire que la voix des collaborateurs soit entendue, via leurs représentants dans les organes de concertation.

 

Même s’il accorde que les négociations ne sont pas toujours faciles, il se fait un devoir de maintenir le dialogue social dans l’entreprise : « Nous estimons que les représentants des travailleurs sont des vrais partenaires avec qui nous pouvons échanger des idées sur les défis de l’entreprise. Moyennant le dialogue social nous essayons de trouver les solutions nécessaires qui doivent permettre à l’entreprise de réaliser ses objectifs en respectant les droits des travailleurs. »