Budget et deal pour l'emploi: ces ministres achètent leur repos estival, au détriment de centaines de milliers de demandeurs d'emploi

Budget et deal pour l'emploi: ces ministres achètent leur repos estival, au détriment de centaines de milliers de demandeurs d'emploi

À force de tours d'adresse, les ministres sont quand même arrivés à un accord avant de partir en vacances. C’est le résultat des fameuses discussions au sein du gouvernement Michel. En attendant les textes, la FGTB souhaite déjà livrer une première réaction sur certains volets de ce « deal pour l’emploi » et sur le budget.  Conclusion : c'est un accord d’occasions manquées.

Ce deal pour l’emploi comprendrait au total 26 mesures pour aider 12.500 personnes à trouver un emploi. Ce n'est qu'une goutte d'eau dans la mer, vu que notre pays comptait pas moins de 490.318 (!) chômeurs en mai de cette année.

Outre ces 26 mesures, il y a également un accord sur la réforme des allocations de chômage. Elle consiste à accorder une allocation plus élevée pendant la période initiale de 6 mois et ensuite un montant plus bas. Nous sommes en faveur d'une augmentation des allocations, mais pas au détriment des demandeurs d'emploi de longue durée. C'est une erreur de croire qu'une allocation plus basse aiderait un demandeur d'emploi à effectivement trouver un emploi. Aujourd'hui, les demandeurs d'emploi doivent déjà se contenter d'un revenu honteusement bas qui flirte avec le seuil de pauvreté ou qui se trouve en-dessous de celui-ci. Une allocation plus basse entraîne inévitablement un risque de pauvreté plus élevé.

Il est également erroné de dire qu'il y a tellement de postes vacants que tous les demandeurs d'emploi trouveront un emploi. Le ministre de l’Emploi déclare lui-même qu'il y avait environ 135.000 postes vacants à la fin de 2017. En revanche, il y a 490.318 chômeurs (mai 2018). Pourquoi alors miser autant sur l'activation des demandeurs d'emploi en jouant avec leur revenu ?

Cette « inadéquation sur le marché du travail» ne sera absolument pas rectifiée par une politique d'activation répressive. Où sont les mesures gouvernementales à l'égard des employeurs afin d’octroyer de meilleurs contrats et statuts, de meilleures conditions de travail, etc. ? Où est le respect pour la concertation sociale, ainsi que pour les secteurs concernés ? C'est ça la vraie pénurie sur le marché du travail. Or, nous ne lisons jamais rien à ce sujet.

Cette approche répressive est une occasion manquée de s’atteler à de véritables emplois pour tous.

Au niveau du budget, nous voyons la même tendance. Face aux 26 mesures pour activer les demandeurs d’emploi, il n'y en a aucune pour activer les grosses fortunes afin de mettre le budget en ordre. Encore une occasion manquée par le gouvernement Michel afin de réaliser une fiscalité plus juste. D'ailleurs, les efforts demandés à l’industrie pharmaceutique ne sont que des cacahuètes qui finiront par compromettre le budget des soins de santé.

En outre, dans le volet du « budget », le gouvernement a trouvé un accord sur Belfius. La FGTB est d’avis que Belfius doit conserver son ancrage belge et que la banque doit rester dans les mains et sous le contrôle de l'État. Une autre occasion manquée de plus donc de mettre la banque au service de la société, puisque nous craignons qu'avec une introduction en Bourse, ce soient les bénéfices qui priment sur l'intérêt général. 

Bref, cet accord manque d’ambition et de crédibilité puisqu'il transmet la facture au prochain gouvernement et il ne prévoit aucun financement durable des services publics. Cet accord n'arrange pas les choses pour les travailleurs, les travailleuses et les demandeurs d’emploi. Au contraire.