Combien allez-vous perdre avec le saut d’index?

Combien allez-vous perdre avec le saut d'index?


Le gouvernement souhaite imposer un saut d’index qui impliquera une perte de salaire de 2%. Ces 2% vous poursuivront jusqu’à la fin de votre carrière. Alors que les travailleurs sont déjà les plus taxés.


Le saut d’index, c’est quoi ?

Le saut d’index, qu’est-ce que ça implique exactement ? Nos salaires, pensions et allocations suivent l’évolution des prix dans les magasins. Cette évolution des prix, que l’on appelle aussi l’inflation, se mesure à l’aide de l’index. Quand l’index augmente, cela signifie que le coût de la vie a légèrement augmenté.


Le gouvernement fédéral a décidé ne plus adapter les salaires, les pensions et les allocations pendant un temps et ce, alors que les prix augmenteront.


Comment procède-t-on exactement ? L’index qui est déterminant pour les salaires, les pensions et les allocations, s’appelle l’indice-santé. A partir de janvier 2015, le gouvernement figera cet indice-santé. Tous les mécanismes d’indexation dans les différents secteurs seront suspendus. L’indexation à laquelle vous avez droit durant cette période, ne sera pas octroyée. L’évolution de l’indice-santé continuera à être suivie. Quand l’index aura augmenté de 2%, les mécanismes d’indexation seront réactivés. Selon le mécanisme d’application dans votre secteur, votre salaire sera donc à nouveau indexé, mais entre-temps, vous aurez subi une perte de pouvoir d’achat de 2%.


Gagner moins

Peut-être pensez-vous qu’une perte unique de 2% n’est pas dramatique. En fait, la perte subie va plus loin que ce coût unique. Cette perte se répercutera sur votre salaire de mois en mois, d’année en année jusqu’à la fin de votre carrière puisqu’à l’avenir, vous gagnerez nettement moins à la suite de ce saut d’index. Pour un salaire brut de 1.500€, votre salaire sera amputé tous les mois de 30€. Cela fera 360€ après un an, et ainsi de suite. Et le montant de base sur lequel l’indexation se fera une fois rétablie, sera en effet nettement moins élevé.


L’impact du saut d’index dépend essentiellement de votre salaire brut et du nombre d’années jusqu’à votre pension (voir tableau).
 

 

Perte subie à la suite du saut d’index

(montants en euros)

 

Salaire mensuel brut

 

Perte mensuelle

40 ans jusqu’à la pension

25 ans jusqu’à la pension

 

20 ans jusqu’à la pension

10 ans jusqu’à la pension

1500

30

20.332

10.906

8.277

3.654

2000

40

27.109

14.541

11.036

4.871

2500

50

33.887

18.177

13.795

6.089

3000

60

40.664

21.812

16.554

7.307

3500

70

47.442 

25.448

19.313

8.525

4000

80

54.219

29.083

22.072

9.743

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Exemples : si vous avez 25 ans et que vous gagnez 2.000 euros, votre perte, à la fin de votre carrière, se chiffrera à plus de 27.000 euros. Si par contre, il ne vous reste plus que 10 années à travailler avant de pouvoir prendre votre pension et que vous gagnez 3.500 euros, au moment de votre pension, vous aurez pu mettre 8.525 euros en moins de côté.
 

Moins de pension

A tout ce qui précède, il faut aussi ajouter un effet indirect : l’impact sur votre pension. Car, votre futur salaire a un impact sur le calcul de votre pension et ce salaire sera justement moins élevé. Le service d’études de la FGTB a calculé que le travailleur qui commence à travailler en janvier 2015 à un salaire de 2.000 euros brut, recevra au moins 40 euros/mois en moins de pension...
 

Des prix plus bas, et plus d’emplois… en théorie !

Le gouvernement nous fait croire que le saut d’index est nécessaire pour créer des emplois. 33.000 emplois seraient ainsi créés comme par magie. Pour ces chiffres, le gouvernement se base sur une étude de la Banque nationale. La FGTB s’est penchée sur cette étude et a remarqué que l’impact du saut d’index y était estimé de façon totalement erronée. Ainsi, la BNB part de l’hypothèse qu’à la suite d’un saut d’index, les entreprises feront baisser les prix, suite à quoi leur ‘compétitivité’ s’améliorera et elles créeront de l’emploi. Tout cela est bien beau en théorie, mais en temps de crise, les entreprises diminuent très peu leurs prix, parce que leurs marges bénéficiaires sont déjà sous pression...


Le seul effet qui subsiste, c’est celui d’un pouvoir d’achat moins élevé pour les ménages, ce qui impacte à son tour l’activité économique, tout comme certains emplois … De plus, le saut d’index met encore plus en danger les finances publiques. En 2018, la dette publique aurait, de ce fait, augmenté de 2,2%. Est-ce cela une politique responsable ?