COP 22 : ambiance ambivalente suite à l’élection de Trump

COP 22 : ambiance ambivalente suite à l’élection de Trump

COP 22 : ambiance ambivalente suite à l’élection de Trump

Suite à l’élection de Trump, il règne au sein de la COP une tension ambivalente.

D’un côté une stupeur, ou devrais-je dire une torpeur. Le sang nous glace : le futur Président de la première puissance mondiale est ouvertement climatosceptique ! Il a claironné durant toute sa campagne qu’il voulait annuler l’Accord de Paris. Certains de ses plus gros donateurs sont à rechercher dans les énergies fossiles…

De l’autre, directement comme pour se rassurer, on cherche des arguments, on évoque des procédures juridiques, des « oui mais… », des « il n’est pas seul », ou « le Président Obama a été assez intelligent que pour cadenasser le processus »…

Comme une sorte de méthode Coué « je vais bien, tout va bien ». Ne pas plonger dans le défaitisme. Afficher un optimisme. Ne pas perdre la dynamique de Paris. Continuer. Y croire.

Pour preuve, le Marrakech Call, en préparation. Probablement l’élément marquant que l’on retiendra de cette COP22, un « appel » des principaux dirigeants du monde à poursuivre les efforts et la dynamique en faveur de la lutte contre les changements climatiques.

Chouette. Mais un peu bizarre. Je croyais que cet « Appel » avait été lancé à Paris. Je croyais qu’aujourd’hui on devait « agir ». On devait mettre sur la table les 100 milliards promis pour le Fonds Vert depuis 2010, on devait obtenir des pays qui ont signé Paris qu’ils revoient à la hausse leurs ambitions pour respecter leur engagement de rester sous les 2°C d’augmentation de la température, on devait attendre des Parties qu’elles présentent les actions concrètes qu’elles vont entreprendre.

Moi j’aime bien les Appels. Mais j’aime aussi les actes. Et c’est de ça que la Planète a besoin aujourd’hui.

N’attendons pas Trump. Agissons. En commençant par chez nous, en Europe, en Belgique. Investissons, massivement, dans un avenir bas carbone, c’est possible, sans plomber l’économie belge, que du contraire. Dessinons cette Vision énergétique qui fait furieusement défaut en Belgique depuis des années. Sortons des rustines radioactives du nucléaires. Misons sur le renouvelable et les transports publics. Développons les compétences nécessaires aux métiers de demain. Renforçons notre sécurité sociale pour que les travailleurs aient confiance dans un avenir durable. Instaurons des dialogues à tous les niveaux pour dessiner ensemble notre société de demain.

Que Trump fasse du Trump. Mais nous, prenons notre avenir en main !

Sébastien Storme, en charge des questions climatiques pour le service d'études de la FGTB