COP 22 : nouveau rendez-vous climatique à Marrakech

COP 22 : nouveau rendez-vous climatique à Marrakech

COP 22 : nouveau rendez-vous climatique à Marrakech

Après l’adoption de l’Accord de Paris, la nouvelle Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP 22) se tient du 7 au 18 novembre au Maroc, à Marrakech.

Lutter contre les changements climatiques permettra d’amener sur la table des emplois décents pour les travailleurs du monde entier, à condition que la transition vers une nouvelle économie soit faite de manière juste et équitable, sans laisser de côté des communautés déjà affaiblies et précarisées, qui en outre sont les premières victimes des changements climatiques.

Désormais, on ne peut se contenter d’un objectif de réduction des émissions. La transition vers une économie à zéro émission de carbone doit être juste et impliquer tous les travailleurs. L’information des peuples sur leurs droits et les façons d’améliorer leur mode de vie, l’éducation des jeunes aux nouvelles sources d’énergie, la formation aux emplois « verts », l’implication de tous et toutes, sont des volets indispensables à cette juste transition. A Marrakech, une fois encore, c’est le point de vue que défendront les syndicats internationaux.

Ce que nous attendons de la Conférence Climat de Marrakech

La FGTB fait partie de la Plateforme Justice Climatique, parmi de nombreux autres acteurs de la société civile belge. Cette plateforme a publié une liste de revendications liées à la COP 22.

L’Accord de Paris définit un cap très clair pour la lutte contre le réchauffement. Signal politique positif, l’accord est déjà en vigueur pour la COP22 à Marrakech, où il fera l’objet d’un premier approfondissement. La Plateforme Justice Climatique, qui réunit les organisations environnementales, les syndicats, les organisations Nord-Sud et les Conseils de la jeunesse a dressé sa liste de revendications, adressée aux responsables politiques.  

D’ici 2020 

Afin de respecter l’objectif d’une limitation du réchauffement à 1,5°C, les prochaines années seront cruciales. Le focus de la COP22 doit dès lors être la mise en oeuvre rapide et le relèvement des ambitions à court terme ;

Il est nécessaire de tout mettre en oeuvre pour dépasser les objectifs belges pour 2020 et plaider pour que l’Union européenne et les autres pays développés fassent de même;

Il faut parvenir à Marrakech à une feuille de route pour atteindre les 100 milliards de dollars annuels promis pour le financement de la transition climatique d’ici 2020, financement essentiel pour une action rapide dans les pays en développement.

La contribution équitable de la Belgique à cet objectif est de 500 millions d’euros annuels d’ici 2020.

Transparence

La COP22, doit assurer la mise en place de la transition juste, qui s’appuie sur le dialogue social, les investissements massifs, le développement des compétences, le respect des droits humains, et un système fort de protection sociale;

En chiffres et en degrés: le point sur l’urgence

L’activité humaine joue un rôle clé dans la modification du climat. Elle est donc responsable de ses conséquences. Mais quelles sont-elles, et comment agir ?

L’année 2015 a été la plus chaude jamais enregistrée depuis le début des mesures de températures en 1880. Ceci a tout d’abord une conséquence indéniable sur les paysages et le climat « local ». Certaines région du monde – le plus souvent les plus pauvres et vulnérables - subissent un nombre plus élevé de sécheresses, des incendies et des inondations, ou encore des tempêtes violentes.

A travers le monde, de nombreuses terres, îles et grandes villes sont menacées par la montée du niveau des eaux, à l’instar des archipels du Pacifique, notamment les îles Marshall, les îles de Polynésie, les Maldives (océan Indien) et certaines régions d’Asie (Philippines, Indonésie). Mais l’on ne parle pas seulement de contrées lointaines du Sud : de grandes métropoles comme Miami, New York, Tokyo, Singapour, Amsterdam ou encore Rotterdam, pourraient ne pas être épargnées.

Sans la mise en place d’un réel changement au niveau mondial, on se confrontera à des conséquences dramatiques pour les écosystèmes, mais aussi et surtout sur les populations, leur mode de vie, leur activité et ressources. Les experts du GIEC prévoient en 2100 une montée des eaux de mer pouvant aller jusqu’à 1 mètre. Les thermomètres à la surface du globe indiqueraient des températures record, entre 1 et 9°C plus élevées que celles enregistrées actuellement. La température moyenne à la surface du globe augmenterait jusqu’à +5,4°C. On évalue à un cinquième de la population mondiale le nombre de personnes installées en zones côtières. Toutes ces personnes seraient directement concernées, avec pour beaucoup d’entre elles, la disparitions de terres arables, de leur activité et lieu de vie. Les migrations pour raisons climatiques sont déjà une réalité, qui pourrait devenir bien plus préoccupantes dans le futur.

Population et besoins croissants

Elément crucial également : la population mondiale croissante. Notre planète comptait 1,6 milliard de personnes en 1900. Nous sommes actuellement 7,2 milliards d’individus auxquels, à la fin du siècle, s’ajouteront 3,7 milliards pour atteindre 10,9 milliards d’humains, selon les projections de l’ONU. Au début du XXème siècle, les besoins énergétiques planétaires étaient de 6.400 milliards de kilowattheures. Aujourd’hui, ils s’élèvent à… 150.000 milliards de kilowattheures.

Glenn Jones et Kevin Warner, de l’Université A&M au Texas, ont estimé l’évolution de la consommation énergétique à 21.100 kilowattheures par personne et par an. Un européen consommerait 37.000 kilowattheures par an et un américain, environ 83.000 kilowattheures par an, sachant que 20% des habitants de la planète n’ont toujours pas accès à l’électricité. En analysant ces données, Glenn Jones et Kevin Warner, estiment que la production énergétique planétaire devrait atteindre les 320.000 milliards de kilowattheures par an à l’horizon 2100.

Pour ne pas dépasser les 2°C d’augmentation des températures à l’échelle du globe, et répondre aux besoins de cette population grandissante, il est primordial de mettre en œuvre rapidement des politiques très offensives. Les deux chercheurs ont calculé que la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique doit passer à 50% d’ici 2028 et ce, à l’échelle planétaire. Cette part devra atteindre les 87-94% d’ici à 2100.

Ces priorités seront bien sûr détaillées lors de la COP 22 à Marrakech. L’endroit n’est pas anodin : l’Afrique pourrait subir de plein fouet les conséquences du changement climatiques. Entre sécheresses et augmentation de la population, de nombreux territoires pourraient subir un « stress hydrique », soit un manque d’eau pour combler les besoins de tous.

C’est donc plus qu’un effort qu’il faut fournir. Un changement durable est possible, et est en marche. C’est en diminuant les inégalités, en éduquant et formant toutes et tous, en forçant la main aux entreprises et gouvernements que l’on arrivera à inverser la tendance.