COP 22 : signature de la déclaration ministérielle sur la santé et l'environnement

COP 22 : signature de la déclaration ministérielle sur la santé et l'environnement

Pourquoi une déclaration ministérielle sur la santé, l’environnement et les changements climatiques ?

Un des enjeux majeurs de la lutte contre les changements climatiques, c’est l’impact qu’auront ces derniers sur la santé. Les chiffres sont catastrophiques :

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) :

  • 12,6 millions de personnes décèdent chaque année suite à des facteurs environnementaux modifiables, ce qui représente près d’un quart de la morbidité mondiale ;

  • la pollution de l’air tue plus de 6,5 millions de personnes par an ;

  • 92% de la population mondiale ne respire pas un air sain.

Signature de la déclaration

Hier avait lieu la signature officielle de la déclaration ministérielle sur la santé, l’environnement et les changements climatiques par des ministres de la Santé et/ou de l’Environnement de nombreux pays. Une initiative conjointe de l’OMS, du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (UNEP) et de la COP22.

Cette déclaration vise à reconnaître les liens entre les changements climatiques et leur effet sur la santé, les impacts de la dégradation de l’environnement sur la santé, le besoin de développer des mesures de protection de l’environnement et de lutte contre les changements climatiques pour prévenir les problèmes de santé publique.

Lutter contre les changements climatiques sera profitable en termes de santé publique, notamment grâce à la réduction des maladies telles que les cardiopathies, accidents vasculaires cérébraux, cancers et maladies respiratoires.

Le but est de créer une Alliance mondiale qui traite l’ensemble des liens qui unissent santé, environnement et changements climatiques et de s’engager à prendre des politiques prenant en compte ces aspects.

L’hypocrisie du gouvernement fédéral belge

La Belgique a signé cette Déclaration, ce qui est une bonne nouvelle en soi. Toutefois, au même moment, elle omet complètement ce lien dans son Plan d’Adaptation sur le climat.

Rappel des faits : en décembre 2010, la Belgique adopte une « Stratégie Nationale d’Adaptation ». Cette stratégie prévoit notamment l’élaboration d’un Plan National d’Adaptation (PNA).

L’adaptation est « le processus d’ajustement au climat actuel ou futur et à ses effets, afin d’atténuer les effets néfastes ou d’exploiter les opportunités bénéfiques. Elle vise à prendre les mesures nécessaires pour réduire la vulnérabilité des systèmes humains et naturels aux conséquences des changements climatiques ».

Le SPF Environnement se lance alors dans une grande campagne de consultation, long de plusieurs mois. Au final, un projet de plan d’adaptation, un document de 60 pages, qui reprend près de 80 mesures, dont un chapitre entier (5 pages) sur le lien entre santé et changement climatique.

Avec des mesures telles que la « prise en compte des impacts des changements climatiques et des besoins d’adaptation dans le cadre du prochain plan environnement santé (NEHAP) » ou encore « sensibiliser et éduquer les professionnels de la santé aux impacts des changements climatiques ».

En savoir plus sur le projet de plan fédéral d'adaptation

De ce projet de plan, il ne reste que 18 pages, une petite dizaine de mesures et la disparition pure et simple du chapitre sur la santé, adopté par le Gouvernement le 24 octobre dernier. Dans la plus grande opacité, sans compte à rendre, sans explication.

En savoir plus sur la contribution fédérale au plan d'adaptation

Ce n’est qu’en créant des ponts que l’on agira efficacement en faveur du changement climatique. Mais ces ponts doivent être solides et réels. Une simple signature ne suffit pas !