COP22 : Il est temps de passer à l’action

COP22 : Il est temps de passer à l’action

La COP 22 s’est clôturée dans la nuit de vendredi à samedi, sans déclaration fracassante. Une dynamique est préservée, notamment en réponse à l’élection de Donald Trump. Ainsi la COP de Marrakech se conclut avec une déclaration politique :  la proclamation de Marrakech pour l’action climatique et le développement durable. Cette proclamation vise à rappeler combien les Gouvernements de la Planète (en ce compris les Etats-Unis, à ce stade…) entendent poursuivre les efforts en faveur de la lutte contre les changements climatiques.

Par les temps qui courent, ce n’est pas anodin.

Quelques avancées sont à relever, notamment par rapport aux revendications des syndicats :

  • l’adoption d’une liste de décisions qui permettront de travailler à la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Elles sont essentielles pour la suite du processus. Elles concernent une multitude de dossiers qui sont négociés de façon parallèle parfois depuis quelques années: le transfert de technologies, le renforcement des capacités, les modalités pour la comptabilisation des financements climat, ou encore le contenu des contributions nationales ;
  • une feuille de route d’action conjointe des acteurs étatiques et non-étatiques démontrant la bonne volonté générale à agir pour le climat ;
  • En ce qui concerne la Transition Juste, les gouvernements se sont engagés à assurer la diversification et la transformation économique dans le cadre d’une Transition Juste, notamment en mettant sur pieds un groupe d’experts dont la CSI pourrait faire partie. C’est la première fois que la Confédération Syndicale Internationale se trouve mentionnée dans un texte de la Conférence Climatique des Nations Unies.
  • Sur la question du financement (un des enjeux majeurs de cette COP), les discussions portaient sur le Statut du Fonds d’Adaptation (un fonds qui doit permettre aux pays en développement d’assurer leur développement en cohérence avec les enjeux climatiques), une feuille de route pour les 100 milliards a été publiée et les grands principes ont été réitérés, sans annonce réellement nouvelle. La décision sur le sort du Fonds pour l’Adaptation est remise à 2018 et l’appel à financement de 80 millions de dollars pour 2017 a été satisfait.

L’enjeu aujourd’hui se situe aussi, peut-être surtout, au niveau national. Les ambitions de chacun doivent être revues à la hausse si on veut atteindre l’objectif de limiter l’augmentation de la température mondiale à maximum 2°C. Chaque pays s’est engagé à prendre des mesures à son niveau (Nationally Determined Contributions – NDC’s) en faveur de la lutte contre les changements climatiques. Il est nécessaire de traduire ces NDC’s en acte, et qu’elles intègrent un volet social fort, respectant les droits de l’homme et garantissant une Transition Juste vers une société pauvre en carbone. La Belgique doit se doter d’une telle Contribution nationale. En commençant par élaborer une vision énergétique qui intègre les questions climatiques.

La FGTB en appelle d’ailleurs à l’élaboration d’un dialogue tripartite sur la Transition Juste, sur le modèle proposée par l’Organisation Internationale du Travail (OIT). La Ministre Marghem s’est dite en faveur de ce dialogue à Marrakech. Nous attendons aujourd’hui de passer des paroles aux actes

« Verre à moitié plein et à moitié vide »

Une COP assez procédurale, avec quelques décisions, notamment pour le monde du travail. La dynamique est préservée, il est aujourd’hui temps de passer à la vitesse supérieur. L’urgence climatique se fait chaque jour plus pressante.