CP A quand un changement de cap chez les employeurs?

A quand un changement de cap chez les employeurs ?

 

La FGTB constate que la plate-forme présentée cet après-midi par les employeurs ne peut constituer le point de départ d’une discussion sérieuse sur une relance éco-solidaire, c’est-à-dire vers une économie durable et novatrice dont notre pays a tant besoin.

En effet, les chiffres évoqués sur l’écart salarial de la Belgique (11% avancés) par rapport aux pays voisins ne sont pas corrects. Le rapport du CCE, auquel les employeurs ont souscrit en novembre 2009, présente le chiffre de 3,6%. Sur cette base, l’écart salarial avec les pays voisins disparaît presque totalement. Les coûts salariaux ne sont donc pas le problème.

En revanche, les indicateurs de compétitivité structurelle font apparaître de très gros points noirs. Tant le mix de produits que la répartition géographique des exportations présentent de très importantes faiblesses. En outre, la plupart des indicateurs qui mesurent la capacité novatrice de notre économie donnent de moins bons résultats en Belgique par rapport à d’autres pays en matière de R&D, formation, part des nouveaux produits dans le chiffre d’affaires, …

La plate-forme reprend également une attaque inacceptable et incompréhensible contre plusieurs mécanismes de protection sociale qui ont empêché que la Belgique ne s’enfonce plus encore dans la récession. On pense en particulier à la liaison automatique des salaires et des allocations à l’index, paramètres qui règlent la liaison des allocations sociales au bien-être.

Par ailleurs, la menace des employeurs de refuser -dans le cadre des prochaines négociations interprofessionnelles- toute discussion sur l’amélioration des systèmes permettant une meilleure conciliation entre vie privée et vie professionnelle n’annonce rien de bon. Parallèlement, les employeurs tentent de mettre à l’ordre du jour une nouvelle modération salariale, tout en anticipant sur les résultats souhaités (par eux) de la conférence sur les pensions: moins de pension, travail au-delà de 65 ans, mise en question des systèmes de prépension.

En outre, la vision des employeurs sur le statut ouvriers/employés revient à une harmonisation vers le bas pour les uns (employés), sans amélioration fondamentale pour le statut des autres (ouvriers).

Enfin, la FGTB est satisfaite que les organisations d’employeurs reconnaissent l’importance de la hausse de la facture énergétique dans le coût de production, mais ne comprend pourquoi elles ne s’attèlent pas aux causes de ce problème. A cet égard, et plutôt que de perdre un temps précieux avec un agenda sur la compétitivité, le syndicat est disposé à entamer en urgence, et en collaboration avec les Régions, une discussion sérieuse sur une stratégie qui doit mener à une économie plus innovatrice et moins consommatrice d’énergie.

A l’agenda des préoccupations et des exigences des travailleurs, la FGTB met l’encadrement immédiat des bonus, la révision du système des intérêts notionnels, ainsi que la conditionnalité des aides publiques au maintien et à la création d’emplois. La FGTB réclame aussi l’accompagnement des chômeurs ainsi qu’un moratoire du système de contrôle de disponibilité.

Pour la FGTB, et elle le rappelera lors de la manifestation de ce vendredi 29 janvier, l’emploi, le respect des travailleurs et la justice sociale sont plus que jamais d’actualité.