CP Carrefour : 1.672 travailleurs sacrifiés sur l’autel de l’incompétence et du profit

Carrefour : 1.672 travailleurs sacrifiés sur l'autel de l'incompétence et du profit

 

Le monde du travail est encore en deuil.

La FGTB souhaite marquer sa solidarité et sa sympathie à l’égard de toutes les travailleuses et de tous les travailleurs touchés par la nouvelle catastrophe sociale dont ils sont, une fois de plus, les victimes.

Après Inbev et Opel, ce nouvel épisode du sordide feuilleton « Libéralisme, ton univers impitoyable » illustre à nouveau les mêmes sempiternelles dérives : absence de politique commerciale digne de ce nom et/ou logique financière guidée par le profit.

Ainsi, la décision de Carrefour de faire passer les travailleurs qui auront le « privilège » de rester dans une commission paritaire moins avantageuse avec des conditions salariales encore moins bonnes est tout à fait indécente, a fortiori quand l’on sait que les bonus de certains dirigeants ne seront encadrés qu’à partir de 2013.

Notons, par ailleurs, que la Belgique est intéressante pour le groupe Carrefour quand il est question d’ingénierie fiscale, beaucoup moins quand il s’agit d’emplois. En effet, via son centre de coordination en Belgique, le groupe bénéficia d’aides publiques pour un montant de 129.373.328 € (année 2008).

En outre, cette nouvelle mise en danger de l’emploi vient remettre l’accent sur deux des préoccupations de la FGTB. Il s’agit, d’une part, du contrôle de disponibilité des chômeurs. Et l’on pense aux travailleurs qui, parmi les 1.672, risquent de faire l’objet de licenciements secs : devront-elles/ils aller se justifier et expliquer pourquoi ils ne trouvent pas du travail ?!

On pense, d’autre part, aux temps partiels, très nombreux dans ce secteur et chez Carrefour, avec 10.900 travailleurs sur un total de 15.698 pour le groupe Carrefour Belgique.

Ces temps partiels sont surtout prestés par des femmes qui feront les frais de ces restructurations avec, à la clé, des allocations de chômage ridiculement basses (le chômage étant calculé, ne l’oublions pas, sur base du salaire).
La FGTB suivra l’évolution de la situation avec la plus extrême attention.

Elle exige un geste politique fort et réclame, une nouvelle fois, que toute aide publique soit désormais conditionnée au maintien et à la création d’emplois.