CP Inbev : la FGTB réclame la suspension des primes aux délocalisations et aux dégraissages.

INBEV: la FGTB réclame la suspension des primes aux délocalisations et aux dégraissages

 

La FGTB est consternée par le contraste entre la situation que vivent les travailleurs d’Inbev et les avantages accordés à un groupe dont la gestion est indécente et socialement inacceptable.
 
En effet, tout en annonçant la suppression de plus de 263 emplois, le groupe brassicole engrange des bénéfices plantureux et continue à distribuer des bonus à ses dirigeants.

Il est inimaginable que certains cadres supérieurs remplissent leur poche de bonus alors que les travailleuses et travailleurs d’Inbev sont sur un siège éjectable, susceptibles de perdre leur emploi et d’aller gonfler les rangs des travailleurs sans emploi, devant justifier bientôt pourquoi ils ne trouvent pas de travail.
 
Le syndicat réclame un moratoire sur les aides apportées à Inbev (intérêts notionnels, réduction de cotisations,..), comme à toute entreprise qui envisagerait de licencier sans se trouver dans une situation économique qui le justifie pleinement.

En outre, au vu de ce qui se passe dans les entreprises, la FGTB réclame l’anticipation de l’encadrement des bonus octroyés aux dirigeants d'entreprise qui, dans la législation actuelle, ne sera effectif qu’à partir de… 2013  !

Pour la FGTB, les aides consenties par l’Etat ne peuvent en aucun cas constituer un blanc seing à des entreprises dont les dirigeants ont échoué dans leur gestion « en bon père de famille ».
 
Avec l’affaire Inbev, nous assistons à une nouvelle déclinaison de la privatisation des bénéfices et de la collectivisation des pertes.

Pour la FGTB, il est surréaliste que ce soit à nouveau à la collectivité de payer les dégâts sociaux engendrés par un groupe privé qui n’a pas de problème financier mais dont l’unique objectif est de réaliser davantage de profits. Surréaliste aussi que des avantages continuent à être octroyés à des entreprises qui, comme Inbev, délocalisent pour réduire la Belgique -pourtant actionnaire !- à une filiale parmi d’autres.
 
La FGTB en appelle à ce que chacun prenne ses responsabilités. Cela vaut pour les dirigeants d’Inbev mais aussi pour le Gouvernement belge et son ministre des Finances en particulier, dont on attend la suspension des avantages qui bénéficieraient à toute politique de délocalisation et de casse sociale.
 
Pour rappel, Inbev a réalisé 2,8 MIA de profits en 2009 et les 13 membres de sa direction ont reçu 73 MIO de dollars en salaires et bonus pour la première partie de 2009, une augmentation de 92% en comparaison avec 2008 pour la même période.