CP Réforme des pensions : proposition de la FGTB

Réforme des pensions : proposition de la FGTB

 

La FGTB soumet une proposition réaliste et chiffrée pour améliorer les pensions des travailleurs.

En Belgique, les pensions sont trop basses. La pension moyenne d'un travailleur s'élève à 1.000 € bruts par mois, celle d’une travailleuse à 800 €. Nos pensions sont parmi les plus basses d’Europe. Ainsi, un quart des pensionnés sont menacés de pauvreté. Et la pension n'est plus en lien avec l'ancien salaire ni avec les cotisations sociales payées par le salarié.

Pour améliorer les pensions, la FGTB veut développer le régime de la pension légale. En effet, grâce au principe d’assurance et de solidarité, le premier pilier est le seul régime qui garantit une pension correcte à tous les travailleurs, y compris à ceux qui sont victimes d’un licenciement ou qui souffrent d'une maladie de longue durée.

N’oublions pas que le deuxième pilier est loin d’être accessible à tous et que les avantages fiscaux accordés dans le cadre du troisième pilier sont également discriminants.

La FGTB propose d'augmenter les pensions d'un quart en relevant progressivement le pourcentage de calcul de 60 à 75% du salaire promérité pour les travailleurs du secteur privé. Cette mesure coûterait 2,4 milliards d'euros. Pour ce faire, la FGTB est disposée à relever les cotisations personnelles des travailleurs à condition que les employeurs et l'Etat fassent le même effort. Pour l'Etat, cette dépense supplémentaire pourrait être compensée par la suppression des avantages fiscaux liés à l’épargne pension individuelle (3ème pilier).

Pour le syndicat, la Conférence sur les pensions doit aboutir à des améliorations, non pas à une régression sociale, comme certains l’avancent en proposant un « Pacte des générations » bis.

La dernière réforme des pensions n'a été finalisée qu'en 2009. Des efforts ont déjà été imposés aux travailleurs.
Ainsi, dorénavant, tout le monde doit justifier d’une carrière de 45 ans (!) pour avoir droit à une pension complète. Cet effort imposé aux travailleurs a eu pour effet d’économiser 625 MIO €.

D’autre part, le (soi-disant) « Pacte de solidarité entre les générations », qui allonge aussi la carrière, n'a pas encore atteint sa vitesse de croisière: en 2014, les femmes devront justifier de 38 ans de carrière (contre 33 ans actuellement) pour pouvoir prendre leur prépension à 58 ans.

Par ailleurs, pour ce qui concerne le taux d’emploi, évoqué par le ministre des pensions, notons que la plupart des travailleurs quittent le marché plus tard qu’avant. Ainsi, entre 2001 et 2007, l’âge moyen de départ est de 57,8 ans pour les ouvriers et de 59 ans pour les employés (au lieu de, respectivement, 56,7 et 57,8 ans, (source : Steunpunt tewerkstelling). Ces chiffres démontrent que la plupart des travailleurs restent actifs après 55 ans.

Le taux d’activité n’a jamais été aussi élevé qu’aujourd’hui : le pourcentage d’actifs a augmenté, passant de 56,8 % en 1997 à 62,4 % en 2008. Pour la catégorie d’âge de 55 à 64 ans, et pour les mêmes périodes, le taux d’emploi des travailleurs a augmenté de 22,1 % à 34,5 %.

Il serait particulièrement inopportun d'obliger les travailleurs à rester plus longtemps au travail alors que la crise que nous connaissons fait chaque jour de nouvelles victimes, notamment dans les tranches d’âge au-delà de 50 ans.
La réponse adéquate est à plutôt à chercher du côté du maintien et de la création d’emplois durables et de qualité. N’oublions pas qu’en 2010, 110.000 jeunes arrivent sur le marché du travail.

En outre, inciter les travailleurs âgés à travailler plus longtemps doit obligatoirement aller de pair avec une adaptation de leurs conditions de travail par les employeurs (travail moins lourd, passage d’un travail de nuit à un travail de jour). Nous en sommes loin !