De moins en moins d'entreprises respectent les quotas de recrutement de jeunes

De moins en moins d'entreprises respectent les quotas de recrutement de jeunes

Afin d’insérer le plus rapidement possible les jeunes (< 26 ans) de façon durable sur le marché du travail, la loi impose des quotas de recrutement, et ce tant au secteur privé qu’au secteur public. Chaque employeur recensant au moins 50 travailleurs doit avoir 3% de jeunes en service. En outre, ensemble, tous les employeurs doivent recruter 1% de jeunes en plus, ledit quatrième pourcent. Le secteur de l’enseignement est dispensé de cette obligation. Pour le non-marchand et les pouvoirs régionaux et locaux, il s’agit d’1,5% de l’effectif.

Le Conseil National du Travail et le Conseil Central de l’Economie procèdent chaque année à une évaluation du respect de cette obligation. La dernière évaluation date du 19 juillet et les chiffres portent sur 2014.

Que ressort-il de cette évaluation ?

Il est constaté une baisse significative du nombre d’entreprises qui répondent à l’obligation de 3%. De 87% en 2008, nous ne sommes plus qu’à 78,5% en 2014 !

En raison des économies, lourdes et inconsidérées, qui sont imposées depuis des années aux services publics fédéraux, 49% seulement répondent à cette obligation.

Pour le secteur du non-marchand également, la diminution enregistrée en un an est notable : de 97% des entreprises en 2013 à 85% en 2014. Seuls les pouvoirs régionaux et locaux restent stables à environ 84%.

Par ailleurs, et même s’ils comptent « double », la situation des jeunes d’origine étrangère ou des jeunes atteints d’un handicap est réellement catastrophique.

De tous les jeunes qui avaient un contrat de travail ordinaire en 2014 (à mi-temps au moins), qui suivaient une formation en combinaison avec un contrat de travail à temps partiel ou avaient conclu un contrat d’apprentissage, de stage ou d’insertion, seulement 0,28% (!) sont d’origine étrangère et seulement 0,33% (!) présentent un handicap. Ces chiffres dramatiques montrent encore une fois clairement les énormes difficultés rencontrées par ce groupe fragile de jeunes sur le marché du travail belge.

Ceci alors que les entreprises reçoivent de plus en plus de réductions afin de créer de l’emploi (tax shift, réductions pour groupes cibles, etc.), pour les jeunes en particulier. Ces chiffres démontrent une fois de plus que les employeurs (y compris le gouvernement) n’assument pas leurs responsabilités.

La FGTB exige que les quotas de recrutement soient réellement respectés et imposés. Il est inacceptable de sanctionner des jeunes pour des « efforts insuffisants » si ceux qui doivent les recruter ne sont pas responsabilisés. Les jeunes doivent bénéficier de toutes les opportunités possibles. Les laisser tomber revient à hypothéquer leur avenir et le nôtre !