Dégressivité des allocations de chômage ? Mauvaise idée !

Dégressivité des allocations de chômage ? Mauvaise idée !

Depuis plusieurs semaines, les interlocuteurs sociaux discutent et négocient de pistes de solutions afin de combler les emplois réputés « en pénurie ». Ce matin, le G10 est parvenu à un accord sur des pistes de solutions à adopter à court, moyen et long termes.

Or, le ministre de l’Emploi Kris Peeters sape la concertation sociale et souhaite maintenant imposer une « dégressivité accélérée» des allocations de chômage afin de combler les métiers en pénurie.

Une fausse solution à un vrai problème

Cette proposition dogmatique et irréfléchie parait non seulement socialement injuste, mais surtout tout à fait inefficace. En effet, ce n’est pas le niveau des allocations de chômage qui freine l’embauche dans les métiers en pénurie.

Ainsi, la désaffection de certaines fonctions/métiers dits « en pénurie » est surtout due à la faible qualité des emplois proposés (tant en termes de rémunération qu’en termes de condition d’emploi) ainsi qu’'à l’inadéquation entre les demandes des entreprises et les formations des travailleurs sans emploi.

Or, sur ces points, le ministre de l’Emploi reste muet. Pire, il s’en prend maintenant directement aux travailleurs sans emploi et souhaite les précipiter dans la pauvreté.

Dégressivité accélérée = pauvreté accélérée

Depuis son entrée en fonction, ce gouvernement s’en est pris aux travailleurs et aux allocataires sociaux. Il s’était pourtant engagé à relever les allocations sociales au-dessus du seuil de pauvreté. Or, aujourd’hui, 90% des allocations sociales versées par l’État sont en dessous du seuil de pauvreté (1.039€ pour un isolé).

Actuellement, un peu plus de 4 familles monoparentales sur 10 encourent un risque de pauvreté (41,4%). Si l’on se penche sur le risque de pauvreté des familles avec enfants et sans emploi, ce risque double. Près de 8 familles sur 10 avec enfants et sans emploi risquent aujourd’hui de tomber en situation de pauvreté (80,7%).

Non seulement ce gouvernement ne tient pas ses engagements auprès des plus fragiles de notre société, mais en plus dès qu’il a des soucis budgétaires ou un manque d’ambition politique, c’est ceux-là qui paient le prix fort !

Pour Robert Vertenueil, président de la FGTB : « La recette miracle du jour sorti par le ministre de l’Emploi est honteuse. Il bafoue la concertation sociale alors que nous avons ce matin encore dégagé des perspectives communes à court, moyen et long termes qui seront remises au Premier ministre dans les heures qui viennent. S’en prendre aux plus faibles, plonger les gens dans la pauvreté, et se lancer dans une chasse aux chômeurs bis ne permettra en aucun cas de résoudre la problématique des métiers en pénurie. C’est une mauvaise idée ! Je préviens le ministre que pour la FGTB cette mesure est INACCEPTABLE ! »