Ecole : Simonet remet les tabous au goût du jour

Ecole : Simonet remet les tabous au goût du jour

Les Jeunes FGTB ont pris connaissance, dans le journal « Le Soir » du 7 décembre 2010, des propos de Madame la Ministre Marie-Dominique Simonet concernant l’organisation de cours de vie affective et sexuelle dans l’enseignement secondaire. Nous tenons à faire part de notre étonnement quant à la prise de position ministérielle.

 

En effet, si l’article rappelle que l’ensemble des fédérations de planning familial estime que l’accès à ce type de cours est un droit, il faut préciser que de nombreuses études issues de divers organismes reconnus (Fondation Roi Baudouin, ULB, UCL, FAPEO, …) démontrent l’utilité de ce cursus et ce dès le 1er degré du secondaire toutes filières confondues.

 

Ces rapports font la preuve que de nombreuses inégalités subsistent sur la connaissance du sujet, particulièrement dans l’enseignement technique et professionnel même si l’enseignement général n’est pas épargné. Cette situation est le fruit d’une politique inégalitaire en matière de prévention : certaines écoles organisent des séances d’information en faisant appel à des acteurs extérieurs alors que d’autres n’aborderont jamais le sujet tout au long de la scolarité.

 

Devant cet état de fait, nous nous étonnons du refus de madame la Ministre ; les cours obligatoires donneraient aux adolescents un accès égal à une information qui les concernera toutes et tous, tôt ou tard. De plus, aux yeux des Jeunes FGTB (et du Conseil de la Jeunesse[1]), ce cours permettrait également la destruction de préjugés liés, par exemple, à l’homosexualité. Il donnerait des informations autres que purement techniques comme c’est souvent le cas lors des formations extérieures ; pour ne citer qu’un cas d’actualité, il est démontré qu’une femme sur huit est victime de violence conjugale,… Ce type de cours n’est-il pas l’occasion de mettre l’accent sur l’importance du respect de la personne ? Car il s’agit bien d’une demande d’un cours d’ « Education à la vie affective et sexuelle » et non d’un cours de « sexualité ».



De manière plus générale, les Jeunes FGTB s’étonnent de certaines prises de position très conservatrices dans l’enseignement de la Communauté française; rappelons la circulaire 3223 éditée lors de la rentrée 2009 qui demandait aux professeurs du secondaire d’être attentif au caractère « osé » de certaines lectures qui pourraient « heurter d’emblée les publics scolaires et les parents » car perçues a priori comme relevant d’une « démarche immorale ». Cette circulaire, vague et porteuse d’un message de censure très ambigu, est toujours d’actualité[2]. Voici maintenant que les cours de vie affective et sexuelle sont exclus d’emblée du programme scolaire.

 

L’école est et doit rester un vecteur d’égalité pour tous les jeunes ; il est impensable qu’une « matière » aussi universelle que l’éducation à la vie sexuelle et affective ne soit pas dispensée dans les écoles alors que certains adolescents sont privés de toute information et/ou victime de préjugés. Les quelques formations extérieures non obligatoires, indépendamment de leur qualité, sont plus qu’insuffisantes.


En conclusion, les Jeunes FGTB demandent à Madame la Ministre Marie-Dominique Simonet de mesurer les conséquences du refus de l’organisation d’un tel cours et de reconsidérer la question.
 

[1] Cf. avis du 28/10/2010 www.conseildelajeunesse.be/?-Avis-
[1] Cf. notre analyse de la circulaire : www.jeunes-fgtb.be/rubrique272c.html