Ensemble, luttons pour la suppression des mesures anti-jeunes

Ensemble, luttons pour la suppression des mesures anti-jeunes


Les étudiants n’ont plus droit à l’échec…et récoltent des miettes

Alors que l’ exclusion de milliers de jeunes des allocations d’insertion (allocations de chômage basées sur les études) est devenue une pénible réalité depuis le 1er janvier, le gouvernement fédéral interdit l’accès à ces mêmes allocations aux jeunes de moins de 21 ans qui n’ont pas de diplôme et à tous les jeunes de plus de 25 ans.


Deux mesures qui limitent l’accès aux allocations d’insertion :


La première, qui devrait être mise d’application en septembre prochain, modifie une condition centrale dans l’ouverture du droit aux allocations d’insertion. Auparavant, les jeunes qui s’inscrivaient au bénéfice des allocations d’insertion au terme de leur stage de 12 mois (l’ex-stage d’attente) devaient avoir achevé certaines études pour ouvrir leur droit. Aujourd’hui, le gouvernement fédéral impose la réussite de ces études aux jeunes de moins de 21 ans. Pour rappel, les précédents gouvernements avaient déjà durci considérablement les possibilités d’accès aux allocations d’insertion en instaurant toute une série de contrôles préalables et en allongeant le stage qui est passé de 9 à 12 mois.


Cela signifie quoi ? Tout simplement qu’un jeune de moins de 21 ans qui quitte l’école pour s’inscrire comme demandeur d’emploi, mais qui, pour diverses raisons (sociales, économiques, familiales), n’a pas obtenu le diplôme nécessaire, ne pourra pas prétendre à des allocations avant 21 ans. S’il ne trouve pas d’emploi, n’a pas de soutien familial et n’entre pas dans les conditions pour bénéficier d’une aide du CPAS (ce qui sera le cas de la majeure partie d’entre eux), il se retrouvera sans aucune ressource jusqu’à 21 ans, et ce, tout en subissant le contrôle de la disponibilité mis en place durant le stage d’insertion !


La seconde mesure, d’application depuis janvier dernier, concerne l’abaissement de l’âge maximum pour introduire une demande d’allocations d’insertion, passant de 30 à 25 ans. Vu qu’il faut avoir accompli un stage d’insertion professionnelle d’un an (minimum) avant de pouvoir bénéficier de ces allocations, cela signifie que l’inscription à ce stage est interdite aux jeunes de plus de 24 ans !


Des répercussions sur le niveau d’enseignement :


Les jeunes n’ont plus droit à l’échec parce qu’ils sont dans l’obligation d’obtenir un diplôme pour ouvrir leur droit avant 21 ans. Est-ce que cela implique de fait que les conditions d’enseignement en seront améliorées ? Pas sûr.


En effet, l’enseignement manque cruellement de moyens, or c’est principalement par un enseignement de qualité que les jeunes les moins favorisés peuvent espérer décrocher un diplôme qui leur permettra ensuite de trouver un emploi de qualité.


Aujourd’hui le constat est criant, le taux de redoublements en Fédération Wallonie-Bruxelles est l’un des plus élevés d’Europe (plus d’un jeune sur deux à la fin du secondaire). Le redoublement, l’absentéisme, la mauvaise orientation ou réorientation, la relégation,… donnent davantage lieu à l’abandon en cours d’année et au fait que de nombreux jeunes quittent l’école sans le diplôme requis.


De plus, les écoles ne sont plus subsidiées pour les jeunes de plus de 18 ans, de ce fait certaines écoles rechignent à les réinscrire.


Et que fait le gouvernement? Au lieu de donner davantage de moyens à l’enseignement, il fait porter toute la responsabilité de l’échec sur les épaules de l’élève qui, s’il ne réussi pas, se trouvera ensuite privé de toute ressource. Mais cela ne s’arrête pas là, les enseignants aussi devront porter le lourd fardeau de l’échec du jeune sur les épaules ! Un enseignant aura-t-il le courage de sanctionner un élève qui n’aura pas atteint les compétences requises en sachant que cela aura des répercussions énormes sur son droit aux allocations d’insertion ?


Non seulement cette mesure risque de faire baisser le niveau général de l’enseignement mais en plus décharge les pouvoirs publics d’investir dans ce secteur.


En ce qui concerne la deuxième mesure, qui vise à empêcher les jeunes de 25 ans et plus de bénéficier des allocations d’insertion, les répercussions sont également évidentes sur l’enseignement et la formation.
Deux exemples pour illustrer cela :

 

  • Le jeune qui double une fois en secondaire, qui entreprend des études supérieures de type court (3 ans) mais qui se trompe d’orientation et change au bout d’un an pour recommencer un autre type court, achèvera ses études à 23 ans. Il ne pourra pas faire de spécialisation, ni se permettre de rater une année dans le supérieur car au terme de son stage d’insertion de 12 mois, il aura plus de 25 ans et ne pourra pas bénéficier d’allocations d’insertion.
  • De la même manière, un jeune qui n’a pas doublé en secondaire mais qui entame des études supérieures de type long (5 ans), ne pourra pas se permettre de perdre une année ou de faire une spécialisation durant ses études supérieures. En effet, s’il sort des études au-delà de 24 ans, il ne pourra pas ouvrir son droit un an plus tard !

Ces deux mesures cumulées ont pour effet de réserver l’accès libre et total à un enseignement de qualité à une élite. Seuls ceux qui auront les moyens financiers nécessaires pourront mener leurs études sans contraintes et accéderont alors aux plus hauts diplômes.


Et pour les autres ? Ils seront obligés de renoncer à des études supérieures ou seront contraints d’accepter n’importe quel boulot pour les financer ou pour survivre!


Des répercussions sur l’emploi :


Sans aucune ressource, le seul moyen de bénéficier d’allocations de chômage est de travailler au moins 312 jours (un an) sur les 21 derniers mois précédant la demande (pour les moins de 36 ans). De nombreux jeunes demandeurs d’emploi n’atteignent pas le nombre de jours nécessaires pour bénéficier d’allocations de chômage car leurs petits contrats précaires d’un mois, une semaine, voire quelques jours de temps en temps les en empêche. De plus, le très faible taux de création d’emplois réels, le durcissement des conditions d’accès à la prépension et l’allongement des carrières réduiront de manière évidente le nombre d’emplois disponibles pour les (jeunes) demandeurs d’emploi.


Les jeunes, privés d’allocations d’insertion, devront se contenter des miettes, c’est-à-dire de n’importe quel petit boulot pour s’en sortir. Entre être jetés à la rue ou subir « flexibilité » et/ou « modération salariale », le choix sera vite fait… Et ce sont les conditions de travail de tout le monde qui seront encore tirées vers le bas.


Quel horizon ce gouvernement propose-t-il aux jeunes ?


Ces deux mesures aggraveront encore la double pénalisation qui touche les jeunes défavorisés. Ainsi, à l’impact négatif de conditions socioéconomiques précaires sur la durée et la qualité des études - qui aboutissent généralement à des délais plus longs pour trouver un emploi - s’ajouteront des difficultés supplémentaires. Au-delà de leur pertinence très limitée en termes budgétaires, les deux mesures décrites ci-dessus seront donc aussi - et surtout - une machine à exclure et à enfoncer dans l’exclusion.


Aux belles déclarations et vœux pieux du gouvernement fédéral sur l’effet « positif » que ces mesures auront sur la possibilité de trouver un emploi, répondons par des chiffres bruts et froids. Selon les dernières projections effectuées par la FGTB, ce sont 10 000 à 12 000 jeunes par an qui se verront ainsi refuser l’accès à un pan de la Sécurité sociale. Soit encore plus que les jeunes qui seront exclus annuellement des allocations d’insertion (après le délai de 3 ans), à partir de 2016.


Ces contre-réformes touchent les jeunes en particulier. Mais la programmation de la régression et de la destruction des droits acquis est une lame de fond qui n’épargnera personne.


C’est pourquoi, le 11 mars, nous irons nous adresser directement aux Parlementaires wallons et au Ministre de l’Emploi et du Travail. Nous demanderons en particulier à ce dernier de nous exposer les perspectives qu’il compte offrir aux jeunes, aux demandeurs d’emploi et aux travailleurs en général avec de tels projets.


Si ces mesures (comme tant d’autres) vous révoltent également, rejoignez-nous le 11 mars pour une journée d’action contre la destruction de nos droits :

  • 10h30 - Rendez-vous à la FGTB de Namur (rue Dewez, 40) : marche de sensibilisation avec distribution de tracts aux citoyens namurois
  • 12h – Parlement wallon : action d’interpellation des parlementaires
  • 13h30 – départ pour Bruxelles
  • 14h30-15h45 : rassemblement place Surlet de Chokier et rencontre au cabinet du ministre fédéral de l’Emploi et du Travail.

Venez nombreu-x-ses !

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