Etude de la FGTB: la course à la productivité a atteint ses limites

Etude de la FGTB: la course à la productivité a atteint ses limites

 

Parmi près de 5.000 travailleurs interrogés par la FGTB, 74% estiment qu’ils ne pourront pas poursuivre au même rythme jusqu’à l’âge de la pension.
 

Dans le cadre de la Journée internationale de la sécurité et de la santé au travail du 28 avril, la FGTB a initié, via son site internet, une grande enquête nationale auprès des travailleurs. Au total, pas moins de 6.101 personnes ont participé à cette enquête entre le 3 mars et le 10 avril 2014 et 4.947 questionnaires ont été jugés exploitables (questionnaires remplis complètement). Vous trouverez en annexe l’ensemble des questions et tableaux ainsi que la fiche technique de l’étude.
 

Les résultats font apparaître une grande cohérence entre l’enquête FGTB et l’enquête européenne sur les conditions de travail de l’Eurofound.
 

Les principaux enseignements relèvent que :

  • Sans le moindre doute, pour près de 9 travailleurs sur 10 (87 %), l’organisation du travail a une influence sur la santé physique ou mentale du travailleur. Les conséquences les plus souvent citées sont le stress (92%), le burn-out (63%) et les troubles du sommeil (51%) ;
     
  • Généralement le travailleur ne détermine pas lui-même la vitesse et la quantité de travail. C’est le plus souvent sa ligne hiérarchique (49%), des systèmes informatisés qui imposent un modèle de travail à toutes les entreprises d’un groupe (7%) ou des personnes extérieures à l’entreprise (6%) qui s’en chargent ;
     
  • Dans le groupe de 49%, près d’un travailleur sur deux indique qu’il n’a jamais (14%) ou difficilement (34%) la possibilité d’adapter ses conditions de travail ;
     
  • La fatigue n’est clairement pas une circonstance qui permettrait au travailleur de revoir l’organisation de son travail, et cela, pour 62% des répondants ;
     
  • C’est probablement l’enseignement le plus inquiétant de notre enquête : 74% des travailleurs interrogés estiment qu’ils n’auront pas la force physique et psychologique de poursuivre jusqu’à l’âge légal de la pension.
    Parmi ceux de – de 30 ans, 68.35% disent ne pas se sentir capables de travailler jusqu’à l’âge de 65 ans ; pour les répondants de 31 à 45 ans, 74.02% disent ne pas s’en sentir capables ; pour ceux de 46 à 65 ans, ils sont 75.08% à ne pas s’en sentir capables ;
     
  • Clairement la pression ressentie par les travailleurs est devenue trop forte et 42% des travailleurs plaident pour l’engagement de personnel supplémentaire, 41% pour une refonte en profondeur de l’organisation du travail en prenant plus en compte le facteur humain. Les autres suggestions sont nombreuses (chaque travailleur en cite en moyenne près de 3), comme par exemples le fait de fixer des objectifs clairs et réalisables (39%) ou d’améliorer les contacts humains dans l’entreprise.