FGTB, CSC et CGSLB et ONGs belges demandent d'urgence des investigations concernant les activit

FGTB, CSC et CGSLB et ONG belges demandent d'urgence des investigations concernant les activités colombiennes d'espionnage

 

Les organisations syndicales belges CSC, FGTB et CGSLB ainsi que de nombreuses ONG regroupés au sein de la coalition belge pour le travail décent sont stupéfaits face aux révélations concernant les activités d'espionnage du service de renseignement colombien DAS en Europe, révélations faites par la police judicaire colombienne CTI et relayées par de nombreux journaux internationaux. Dans ce contexte syndicats et ONG rappellent les nombreuses demandes du mouvement syndical colombien et international de ne pas approuver le projet d’accord commercial de l’Union européenne au vu non seulement des violations permanentes des droits des travailleurs en Colombie et, surtout, au vu du nouveau contexte d’activités d’espionnage sur le sol belge, qui constitue une ingérence extrêmement grave dans la souveraineté de notre pays.

2742 assassinats de syndicalistes depuis 1986 et un taux d'impunité de plus de 95 % concernant les crimes contre les syndicalistes en Colombie, ainsi que d’innombrables autres atteintes aux libertés fondamentales de la population colombienne n’ont pas laissé indifférent le mouvement syndical belge comme les syndicat dans d’innombrables d’autres pays et ceci depuis de nombreuses années. Etant donné la situation des droits des travailleurs et des droits de l’homme en général, les organisations syndicales belges ont ainsi, à maintes reprises, demandé de mettre le travail décent et le développement durable au cœur des relations avec ce pays d’Amérique Latine où sont localisés plus de 60 % des assassinats des syndicalistes dans le monde. Les syndicats belges et les ONG, regroupés au sein de la coalition travail décent, ont également exprimé avec ferme détermination leur opposition à la ratification d’un accord bilatéral d’investissement que le ministre belge des affaires étrangères de l’époque, Karel De Gucht, avait signé au nom de la Belgique en février 2009. Au vu de la situation syndicale en Colombie et des clauses de travail décent insuffisantes dans le texte négocié, les gouvernements de la Région flamande et de la Région wallonne se sont opposés à la ratification de cet accord en 2010 et le gouvernement fédéral a par la suite pris acte de ces décisions et bloqué l’accord.

Alors que des projets d’accords commerciaux et d’investissement avec la Colombie sont bloqués pour les mêmes raisons de droits de l’homme et droits de travailleurs au Etats-Unis, au Canada et en Norvège, l’Union Européenne souhaite aujourd’hui signer un accord commercial avec la Colombie lors du sommet des chefs d’Etats de l’Union européenne et d’Amérique latine et des Caraïbes.

Nous demandons de toute urgence à nos responsables politiques belges à tous les niveaux de pouvoir de ne pas aller plus loin dans l’approbation de cet accord. Nous nous rallions aux demandes extrêmement claires de John Monks, secrétaire-général de la Confédération européenne des syndicats (CES), à cet égard : « À présent que certains gouvernements suspendent même les transferts d’aide vers la Colombie en réaction aux activités illégales de la DAS, il semble évident qu’il n’y a pas de voie crédible pour que ces négociations puissent se conclure de cette manière. La CES réitère notre demande – partagée par les trois centrales syndicales en Colombie – que l’ALE ne soit pas signé dans les circonstances présentes. »

La FGTB, la CSC et CGSLB en tant qu’organisations membres de la Confédération syndicale internationale (CSI) et de la CES ainsi que les ONG belges regroupés au sein de la coalition travail décent se joignent à cet appel et demandent de toute urgence qu’une investigation complète concernant les activités du service de renseignement colombien en Belgique soit faite par les autorités compétentes de notre pays et que les responsables soient transférés en justice. Nous demandons dans l’immédiat que l’ambassadeur de Colombie présent sur notre territoire soit interpellé par le ministère des affaires étrangères et que le ministère de la justice et ministère de l’intérieur ainsi que nos services de renseignement fassent les démarches nécessaires que la gravité de la situation impose.