La Commission européenne renonce à protéger les travailleurs exposés aux vapeurs de diesel

La Commission européenne renonce à protéger les travailleurs exposés aux vapeurs de diesel

Dans le cadre du deuxième projet de révision de la directive sur les agents pathogènes, une liste peu ambitieuse de 5 substances a été dressée, pour lesquelles des valeurs-limites d’exposition professionnelle contraignantes (VLEP) seraient établies. Les vapeurs de diesel ont été retirées de cette liste.

Révision de la directive sur les agents cancérigènes au travail

La Commission européenne vient de publier un deuxième projet de révision de la directive sur les agents cancérigènes au travail sur laquelle 5 substances sont proposées. Ceci fait suite à un premier projet de révision déposé en mai 2016 où 13 substances figuraient.

Au total, 18 substances seront discutées pour y proposer des valeurs-limites d’exposition professionnelle contraignantes (VLEP). On est loin de l'engagement initial de la Commission européenne visant à proposer des VLEP pour un total de 25 substances en 2016, et de 50 en 2020.

Vapeurs de diesel, cancérogène avéré

La Commission a retiré les vapeurs de diesel de la liste des substances pathogènes, qui sont pourtant classées comme cancérogènes de classe 1 (cancérogènes avérés pour l’être humain) par le Centre International de Recherche sur le Cancer (un institut qui dépend de l’Organisation mondiale de la santé) depuis 2012.

On estime que plus de trois millions de travailleurs y sont exposés dans le cadre de leur activité professionnelle dans l’Union européenne. En tenant compte de la durée totale de la vie professionnelle, le nombre de travailleurs qui y sont exposés pendant une partie de leur carrière s’élevait à 12 millions en 2010 et pourrait croître jusqu’à 20 millions en 2060.

Dans les politiques de santé publique européennes, les vapeurs de diesel sont considérées comme un risque préoccupant. Pourtant aucune mesure spécifique n’est prévue pour en protéger les travailleurs. Ce choix ne fait qu’aggraver les fortes inégalités sociales qui caractérisent le risque de cancer.

En renonçant à inclure les vapeurs de diesel dans la liste des valeurs-limites ainsi que dans le champ d’application de la directive, la Commission cède au lobbying agressif d’organisations patronales.