La FGTB en direct de la COP 22

La FGTB en direct de la COP 22

COP 22

Lors de la COP 21 à Paris, 195 pays se sont engagés à limiter l’augmentation de la température mondiale à maximum 2°C, voire maximum 1,5°C. Concrètement, cela signifie une diminution des émissions de CO2 de près de 90% à l’horizon 2050. Défi colossal à l’échelle de la planète.

L’objectif de cette COP 22 est non seulement de maintenir la dynamique positive, mais surtout d’œuvrer à la mise en application de l’accord. Chacun des pays a dès lors présenté les efforts qu’il entendait entreprendre pour réduire ses émissions de CO2. Mises bout à bout, toutes ces promesses de réduction aboutiront à une augmentation de 2,7°C de la température. Autrement dit, tout le monde devra revoir sa copie si l’on veut parvenir à l’objectif fixé à Paris.

2 principaux résultats sont attendus à Marrakech :

Financement destiné aux pays en développement 

100 milliards par an à partir de 2020 ont été promis pour leur permettre d’assurer leur développement dans le respect des enjeux climatiques. A ce jour, les incertitudes quant à la manière dont les engagements financiers sur le climat seront concrétisés ne sont pas encore levées.

Engagement politique

L’ensemble des Parties doivent maintenant mettre en œuvre l’Accord de Paris. C’est ce que l’on devrait appeler l’Appel de Marrakech (« Call of Marrakech »). En effet, l’ombre de Donald Trump plane lourdement. Son climatoscepticisme avéré jette un solide froid dans les travées de la COP et engendre un climat d’incertitude très inquiétant, dont l’urgence climatique se passerait bien.

Tous, délégation américaine comprise, veulent envoyer un message politique fort rappelant leur volonté d’œuvrer dans la lutte contre les changements climatiques. Appel qui peut paraitre futile suite à l’Accord de Paris.

Revendications syndicales en trois points :

  • Enjoindre les Parties à revoir à la hausse leurs engagements nationaux de réduction d’émissions ;
  • Apporter des garanties quant aux questions de financement ;
  • Opérationnaliser la Transition Juste. Signal positif : un groupe d’experts va être formé pour se pencher sur la question, parmi lesquels des représentants de la Confédération syndicale internationale (CSI). C’est la première fois que la CSI est spécifiquement nommée dans une décision des Nations Unies sur le Changement Climatique, ce qui montre pour nous une forme de reconnaissance de l’importance de notre implication.

Actions syndicales

Les Conférences climatiques sont aussi l’occasion pour le mouvement syndical d’organiser des débats autour de la question climatique.

Ce samedi 12 novembre s’est tenu une journée d’étude autour des défis climatiques organisé par la CSI. Plus de 150 représentants syndicaux étaient présents. L’occasion d’échanger des expériences, des points de vue, des craintes mais aussi et surtout beaucoup d’espoir.

Au final, notre conviction est que la Transition Juste est en cours. Elle est reconnue par les 195 pays signataires de l’Accord de Paris et doit maintenant être mise en œuvre, à commencer au niveau national pour :

  • encourager le dialogue social sur les questions de transition juste vers une société bas carbone ;
  • stimuler les investissements, publics et privés ;
  • prévoir des formations et des programmes de reconversions ;
  • garantir les droits des travailleurs et une protection sociale forte.

Le dimanche 13 novembre, une Marche en faveur du Climat était organisée à travers les rues de Marrakech. Rassemblement bigarré haut en couleur de plus de 3000 personnes dont une importante délégation syndicale.