La libéralisation du gaz et de l’électricité, chronique d’un échec annoncé

La libéralisation du gaz et de l’électricité, chronique d’un échec annoncé

La FGTB a pris connaissance de l’étude de la CREG publié ce 4 juillet sans réelle surprise. Depuis toujours, la FGTB dénonce les dangers de la libéralisation des secteurs du gaz et de l’électricité pour les citoyens. Des dangers en matière de coûts payés par le consommateur et en matière de sécurité d’approvisionnement de notre pays.

Une concurrence au détriment des consommateurs

Les 10 produits d’électricité les plus chers destinés aux ménages représentent 50% du marché en Wallonie. 66% en Flandre et 28% à Bruxelles pour les cinq produits les plus chers.

A contrario, la part des dix produits d’électricité les moins chers ne s'élève qu'à 14% du marché en Wallonie, 24% en Flandre et 9% à Bruxelles.

Le potentiel d'économie des ménages wallons atteint donc jusqu'à 192 euros pour l'électricité par an, 182 euros en Flandre et 172 à Bruxelles.

Pour le gaz naturel, les 10 produits les plus chers proposés aux ménages représentent 54% en Wallonie, 47% en Flandre et 41% à Bruxelles.

La part des dix produits les moins chers ne s'élève qu’à 21% en Wallonie, 27% en Flandre et 6% à Bruxelles.

Le potentiel d'économie des ménages wallons atteint jusqu'à 522 euros pour le gaz naturel, 521 euros pour les ménages flamands et 519 pour les Bruxellois.

La FGTB avait prédit cet échec de la libéralisation des secteurs du gaz et de l’électricité. La concurrence, n’a en aucun cas réduit les factures énergétiques des citoyens.

Des citoyens accusés de ne pas assez profiter de cette concurrence alors que la complexité des factures énergétiques rend la comparaison éminemment difficile. D’autant que certains fournisseurs usent et abusent de cette complexité.

Une sécurité d’approvisionnement non garantie voire menacée pour l’hiver prochain

Le système de réserve stratégique, c’est-à-dire ces centrales dont la fermeture est annoncée mais qui contre rémunération sont en stand-by et prêtes à redémarrer en cas de pénurie d'électricité, risque d’être bloqué par les autorités de la concurrence européenne.

Pourtant la réserve stratégique devrait, selon Elia (gestionnaire du réseau) s’élever à 900MW pour l’hiver prochain, si la Belgique ne veut pas courir le risque de pénurie.

Pour la FGTB,  un contrôle et une planification efficace du secteur de l’énergie, en commençant par un renforcement des pouvoirs du régulateur, sont plus que jamais nécessaires.

Il est également urgent d’investir massivement  dans un mix énergétique durable, qui intègre notamment la production locale.

Ces investissements dans la transition énergétique belge doivent être garantis et ce, afin de jouer un rôle majeur pour surmonter la crise et, parallèlement, générer et garantir de nouveaux emplois.

Par ailleurs, un cadre de politique énergétique stable doit être défini, assorti d’un plan d’actions visant à le mettre en œuvre.

Dans ce cadre, les pouvoirs publics et les citoyens doivent pouvoir reprendre le contrôle des marchés de l’énergie dans un contexte de décentralisation des moyens de production.

Au vu de cet échec avéré de la libéralisation, la FGTB rappelle qu’elle demande une nationalisation des grandes installations de production d’électricité et une plus grande implication des citoyens dans la production de l’électricité, notamment au travers de coopératives porteuses de valeurs autres que la rémunération des actionnaires.