Démantèlement des pensions façon Michel : il est grand temps d’écouter les travailleurs !

Démantèlement des pensions façon Michel : il est grand temps d’écouter les travailleurs !

Toujours gagnant, vous avez dit ? Avec le gouvernement Michel, nos pensions sont devenues une loterie. Pour ce gouvernement, nos pensions ne sont ni plus ni moins qu’un poste d’économies. La dernière volonté du gouvernement ? Moins de pension pour les carrières longues.

Pour qui?

Pour les travailleurs au chômage ou en RCC après une carrière longue.

Donc : plus aucun droit de pension constitué pour ceux qui ont travaillé dur pendant leur carrière, pour ceux qui, par malchance, sont licenciés, pour ceux dont l’entreprise fait faillite ou restructure. Idem pour ceux qui sont entrés dans un régime de RCC, justement parce qu’ils effectuaient un travail en équipes, un travail de nuit ou une autre forme de métier lourd.

Concrètement: le travailleur qui est entré dans la vie active avant l’âge de 20 ans ne se constitue plus de droits de pension pour les dernières années où il est en prépension ou au chômage. Sa pension sera calculée sur les 45 premières années de carrière et non plus sur les 45 meilleurs années.

Cette mesure injuste sera discutée après les congés de Toussaint à la commission Affaires Sociales de la Chambre. Si elle est approuvée, chaque année, un nouveau pensionné sur 5 sera touché.

Le démantèlement des pensions : qui est touché ? Quelques témoignages…

  • Charles, 63 ans, prépensionné depuis 2005 pour problèmes de santé : perte de 560€/an
    « J’ai travaillé toute ma vie chez Cockrill qui est ensuite devenu Arcelor. Il y a là des gens qui travaillent dans les aciéries et les hauts-fourneaux, qui ont des métiers très durs. Et ces gens là vont perdre de l'argent. Ce n'est pas normal ! Le projet du gouvernement me fait perdre 560€ par an. Ce n’est peut-être pas grand-chose pour vous, mais pour quelqu’un qui est malade, c’est énorme. »
  • José, 63 ans, prépensionné après 40 ans de travail pénible : perte de 40€/mois
    « J’ai commencé à travailler dans le secteur de la construction à 18 ans. A 58 ans, après 40 ans de carrière dans un métier pénible, j’ai pris ma prépension. Maintenant j’apprends en cours de route que je vais perdre de l’argent. Je ne comprends pas pourquoi on change les règles en cours de route. Si j’avais su, je n’aurais peut-être pas pris ma prépension. »
  • Michel de Riemst, 58 ans, en prépension après 40 années de travail pénible dans la construction : perte de 100€/mois
    « Je suis vraiment scandalisé. J’ai commencé à travailler à l’âge de 15 ans. J’ai fait 40 années dans la construction. Un travail très dur. C’est tout simplement une rupture de contrat. Je ne suis pas d’accord, évidemment. Mais je n’ai aucune possibilité de faire marche arrière. Ceux qui prennent de telles décisions devraient venir travailler avec nous pour se rendre compte ! »
  • Rosette, de Hemiksem, 62 ans, en prépension depuis la fermeture de son entreprise : perte de 90€/mois

    « C’est dur d’entendre, après 35 années de service, que l’entreprise où vous avez commencé à vos 18 ans ferme. Grâce à un solide plan social, j’ai pu partir à la prépension à mon licenciement. Et maintenant, on m’apprend que j’aurai 90 euros de moins que prévu pour ma pension. Juste comme ça... Comment est-ce possible ? »