Le travail à temps partiel est rarement un choix délibéré

Le travail à temps partiel est rarement un choix délibéré

Une des principales causes de l’écart salarial et de l’écart de pension qui en résulte est la répartition inégale du travail. Les femmes travaillent beaucoup plus souvent à temps partiel que les hommes. La plupart du temps, il ne s’agit pas d’un choix volontaire.

En raison de la flexibilisation du marché du travail ces dernière années, toujours plus de personnes travaillent à temps partiel ou dans un autre statut précaire. Cependant, ces emplois sont encore principalement réservés aux femmes. Plus de quatre femmes sur dix ont un travail à temps partiel. Comment cette répartition déséquilibrée entraine-t-elle une augmentation de l’écart salarial ?

Moins d’opportunités de carrière

Non seulement, les travailleurs à temps partiel – dont 80% sont des femmes – gagnent moins que les travailleurs à temps plein, mais leur perspectives de carrière sont également moins favorables. Lorsqu’une possibilité de promotion se présente, elle leur passe généralement sous le nez.

Dans la plupart des cas, le travail à temps partiel n’est d’ailleurs pas un choix volontaire. En premier lieu, il convient de souligner que les contrats à temps plein deviennent rares dans les secteurs qui occupent principalement des femmes. Le secteur de la distribution, le non-marchand et le nettoyage, par exemple, ne proposent presque plus d’emplois à temps plein.

Accueil des enfants

Un autre facteur : en raison du manque d’infrastructures accessibles en matière d’accueil des enfants, les travailleurs - et surtout les femmes qui assument la majorité des tâches de soins - peuvent difficilement combiner travail et vie privée. A l’heure où la politique d’austérité est considérée comme salvatrice, il est peu probable que nos autorités investissent dans des infrastructures d’accueil des enfants accessibles et des infrastructures payables pour les seniors. Des investissements toutefois indispensables pour une société juste.

Une caractéristique de notre société est que le travail non rémunéré n’est pas suffisamment valorisé. Le travail ménager est également du travail. Pourtant, celui-ci n’est pas valorisé économiquement. Au contraire même, puisque les personnes qui font le choix d’assumer les tâches domestiques perdent en même temps de nombreux droits sociaux, comme une partie de leur pension légale. Il est donc grand temps de valoriser le travail non rémunéré. Une façon de le faire est de garantir et même d’étendre les périodes assimilées (périodes « d’inactivité » qui entrent en ligne de compte pour le calcul de la pension).