Les femmes suisses en grève !

Salaire, temps, respect : les femmes suisses en grève

Ce 14 juin, les femmes suisses arrêterons le travail pour réclamer l’égalité, maintenant et partout ! Avec cette grève, les femmes entendent montrer que sans leur travail – visible et invisible – plus rien ne tourne.

43 % de l’écart salarial purement discriminatoire

Les syndicats membres de l’Union syndicale suisse (USS) revendiquent un coup d’accélérateur pour que l’égalité progresse enfin ! Car malgré certains progrès dans le monde professionnel, les écarts inacceptables qui subsistent entre hommes et femmes sont légion, surtout en termes de revenu.

L’inégalité de traitement des femmes dans le monde professionnel prend des formes multiples. Les salaires des femmes restent de près de 20 % inférieurs à ceux des hommes. Les causes sont nombreuses : les femmes et leur travail sont souvent moins valorisés que le travail des hommes. Les salaires nettement plus bas dans les métiers de prise en charge des enfants ou des personnes ayant besoin de soins et d’assistance en sont une illustration incontestable.

En outre, les possibilités d’avancement ou de carrière restent clairement plus limitées pour les femmes, notamment en raison de la maternité. Et celle-ci est encore trop souvent un motif de licenciement et pousse les femmes hors du monde professionnel ou vers des emplois moins bien payés ou à temps partiel. Une réalité qui vaut également pour toutes les femmes qui s’occupent d’un proche adulte, sans être rémunérée.

Enfin, 43 % de l’écart salarial total ne peut être expliqué statistiquement et est donc purement discriminatoire.

Pour toutes ces raisons, les syndicats de l’USS revendiquent :

  • un salaire minimum revalorisé et des CCT qui couvrent les branches à forte proportion féminine. Cela permet d’améliorer la situation des femmes qui sont en bas de la structure des salaires, mais aussi, grâce aux CCT, celle des professions « typiquement féminines » et sous-payées (p. ex. dans les crèches) ;
  • des investissements dans les crèches, les écoles à horaire continu, les soins à domicile et la prise en charge d’adultes ayant besoin de soins et d’assistance, afin de décharger les femmes (et aussi les hommes) du travail non rémunéré de soins et d’assistance et d’améliorer leurs perspectives sur le marché du travail, également pour des postes à haute qualification ;
  • la mise en œuvre de la loi révisée sur l’égalité ainsi que l’évaluation des salaires ;
  • du respect sur le lieu de travail et une meilleure protection contre le licenciement en cas de maternité ou de soins à des proches, ainsi que des mesures efficaces contre le harcèlement sexuel au travail.