Les libéraux continuent à privilégier fiscalement les nantis

Les libéraux continuent à privilégier fiscalement les nantis

 

Après l'Open Vld, le MR a défini le week-end dernier ses priorités pour les prochaines élections : une réforme fiscale qui devrait aboutir, aussi bien au niveau fédéral qu'à celui des entités fédérées, à une réduction des impôts de cinq milliards d'euros.

 

Cet « électrochoc fiscal », comme l'appelle le MR, constitue la énième illustration que les libéraux -rejoints par certains employeurs- ciblent les bas et moyens revenus pour ménager leur électorat : les nantis. Immunisation fiscale des revenus jusqu'à 13.000 euros, relèvement du plafond d'impôt de 50% de 37.000 à 50.000 euros et abaissement du tarif de l'impôt des sociétés pour les PME de 33,9% à 20%. Des propositions qui ne résistent pas à une analyse approfondie.

 

Tout d'abord, il s'agit d'une immunisation fiscale de tous les revenus, y compris les très gros. Or, les Albert Frère ou les Spoelberch (InBev) de ce pays n’en ont pas vraiment besoin… !

 

Ensuite, ces propositions impliquent une perte sèche pour l'Etat. Selon la FGTB, cette réduction fiscale coûterait en fait au moins dix milliards à l'Etat (pour le seul relèvement de la quotité du revenu immunisée à l'impôt). Comment assurer encore un service de qualité pour tous dans le domaine des soins de santé, de l'enseignement, de la mobilité, … ?

 

La FGTB est non seulement inquiète pour les services publics, elle souligne aussi que les communes, déjà en difficulté, seraient amenées à payer une partie de cette réforme fiscale (baisse de leurs rentrées via les additionnels).

 

La FGTB maintient ses revendications pour une fiscalité plus juste, mais une réforme n'est possible que moyennant une transparence fiscale sur TOUS les revenus. Le syndicat plaide, notamment, en faveur d'une Global Tax On Web consistant en un échange automatique des revenus avec l'administration fiscale. Il n'est pas normal que seuls les revenus du travail et les allocations soient connus, contrairement aux revenus du capital.

 

La FGTB souhaite aussi une immunisation fiscale, mais celle-ci doit profiter en premier lieu aux bas et moyens revenus.
La fiscalité sur le travail doit être équilibrée avec les autres types de revenus (mobiliers et immobiliers), à traiter de manière globale et transparente.