Les Mystery calls : nécessaires pour lutter contre les discriminations sur le marché de l’emploi

Les Mystery calls : nécessaires pour lutter contre les discriminations sur le marché de l’emploi

La FGTB est totalement en faveur des « mystery calls ». Ils sont nécessaires pour s’attaquer aux problèmes de discrimination. Nous aurions préféré que cette matière soit réglée par les interlocuteurs sociaux mais pour ce faire, encore faudrait-il que la concertation sociale soit constructive. Dès lors, la FGTB n’est pas surprise de voir le ministre de l’Emploi aller de l’avant, comme elle n’est pas surprise que l’Open VLD souhaite lier ce dossier à d’autres comme l’assouplissement de la période d’essai et les premiers emplois. Lorsque les employeurs bloquent la concertation sociale, leurs amis politiques s’empressent de leur venir en aide. Pourtant, la vraie question est de savoir si le gouvernement veut, ou non, créer une politique de diversité réellement crédible.     

La FGTB a  participé activement à la Commission d’évaluation de la législation fédérale relative à la lutte contre les discriminations qui a rendu son premier rapport d’évaluation en février 2017, lequel précise : « La Commission recommande que l’Etat examine la possibilité d’effectuer des tests pratiques ou de faire effectuer de tels tests par des tiers, sur la base d’informations pertinentes, afin de vérifier le respect des lois anti-discrimination, et ce en vue de leur monitoring. La Commission recommande particulièrement de réfléchir à octroyer à l’inspection du travail la compétence légale explicite d’effectuer elle-même des contrôles ciblés au moyen de tests pratiques, le cas échéant sur la base de « mystery clients » (« mystery shopping » ou « mystery calling ») “.

Le blocage vient du banc patronal qui, tout en plaidant pour plus de diversité dans les entreprises, rechigne à mettre en place des mesures de contrôle.  Cette attitude n’est pas nouvelle et limite l’action des interlocuteurs sociaux dans le cadre de la lutte contre les discriminations sur le marché de l’emploi. 

C’est cette même attitude qu’a adopté le banc patronal lorsque le ministre Kris Peeters a demandé l’avis du CNT sur son projet de loi  « Mystery calls » : « il faut prendre le temps d’examiner », ce qui peut être traduit par « nous ne voulons pas de cette mesure ».

Le ministre de l’Emploi a donc raison d’avancer sur cette mesure. D’autant plus que dans le cadre du semestre européen 2017, la Belgique a une nouvelle fois été épinglée par la Commission européenne quant à la situation des personnes issues de l’immigration sur le marché de l’emploi : « Les résultats en matière de participation à la vie active - même corrigés par d’autres caractéristiques individuelles – affichés par la Belgique pour des personnes issues de l’immigration sont parmi les plus mauvais de l’UE ». La Commission recommande clairement à la Belgique « de veiller à garantir aux catégories socialement marginalisées, y compris les personnes issues de l’immigration, l’égalité de chances en matière d’accès à un enseignement de qualité, à des formations professionnelles et au marché du travail. »