Les partis politiques s'engagent à élever le revenu minimum au-dessus du seuil de pauvreté européen et réformer le statut cohabitant

Les partis politiques s'engagent à élever le revenu minimum au-dessus du seuil de pauvreté européen et réformer le statut cohabitant

Dans le cadre des élections fédérales du 26 mai, le Réseau belge du revenu minimum (BMIN) a organisé le 28 mars un grand débat politique sur l'une des mesures les plus importantes pour sortir les gens de la pauvreté : élever le revenu minimum au-dessus du seuil de pauvreté européen. Au cours de ce débat, tous les partis démocratiques néerlandophones et francophones ont promis de faire du relèvement du revenu minimum au-dessus du seuil de pauvreté européen une priorité. En outre, ils sont également favorables à une réforme du statut de cohabitant lors de la prochaine législature. Tous les partis se sont explicitement engagés à inclure ces deux mesures dans le nouvel accord de coalition fédérale s'ils font partie d'un nouveau gouvernement fédéral.

Le fait qu'il est urgent d'augmenter les prestations les plus faibles est évident d'après les chiffres de la pauvreté dans notre pays. 1 Belge sur 5, soit 2.296.000 personnes au total, vit dans la pauvreté ou l'exclusion sociale, ce qui est inacceptable pour un pays riche comme la Belgique.  Derrière ces chiffres se cache une réalité pénible : celle de personnes qui ne vivent pas, mais qui doivent survivre. Ils ne savent pas comment ils vont s'en sortir financièrement jusqu'à la fin du mois, car ils doivent faire face à des coûts de loyer et d'énergie de plus en plus élevés. Pour un bénéficiaire qui vit en colocation ou ménage, le statut de cohabitant est aussi un facteur important qui le pousse souvent encore plus loin dans la pauvreté. Le taux cohabitant ne signifie pas seulement qu'une personne voit une grande partie de son revenu diminuer : il restreint également la liberté de choix des personnes quant à la personne avec laquelle elles veulent vivre ou à la façon dont elles veulent façonner leur vie familiale, et engendre une intrusion dans la vie privée des ménages par les visites domiciliaires que le contrôle de son application suscite (comptage du nombre de brosses à dents, ouverture des armoires à vêtements…).

Dans le passé, il existait déjà de bonnes intentions politiques de fournir à chacun un revenu qui lui permettrait de mener une vie digne de la dignité humaine. Le gouvernement Di Rupo et Michel avaient tous deux inscrit l'augmentation des revenus les plus faibles dans l'accord de coalition fédéral. Toutefois, nous devons conclure que très peu de choses se sont produites ces dernières années et que, pour de nombreuses prestations minimales, le seuil de pauvreté européen est encore loin d'être atteint.

Nous, réseaux de lutte contre la pauvreté, syndicats, mutuelles, universitaires et autres organisations de lutte contre la pauvreté réunis au sein du consortium BMIN, saluons le fait que tous les partis politiques démocratiques s'engagent à réenregistrer l'augmentation du revenu minimum au-dessus du seuil de pauvreté européen dans un futur accord de coalition fédérale.  Nous sommes également heureux d'apprendre que les partis politiques se sont également engagés à réformer le statut cohabitant[1]. Nous espérons qu'après les élections du 26 mai, les partis politiques n'auront pas oublié ces engagements importants et les mettront effectivement en pratique. Espérons que l'adage " Troisième fois, c’est la bonne " sera aussi pleinement compris !

[1] A l’exception de la NVA, qui n’était pas présente lors de la seconde partie du débat.