Les personnes issues de l’immigration sont toujours délaissées par le marché de l’emploi

Les personnes issues de l’immigration sont toujours délaissées par le marché de l’emploi

La Banque Nationale de Belgique (BNB) vient de sortir une étude alarmante sur l’accès à l’emploi pour les personnes issues de l’immigration. Les différences entre les « natifs » et les immigrés sont effrayantes. Pis encore, la deuxième génération ne voit pas cet handicap se résorber. Pour la FGTB, il est inconcevable que ces personnes soient abandonnées. Les politiques doivent prendre leurs responsabilités. La diversité a toujours été un facteur de croissance et de richesse, un meilleur accueil c’est un meilleur avenir.

Nous le savons, la Belgique est un pays multiculturel. Bruxelles est la deuxième ville la plus cosmopolite du monde. La diversité fait ainsi partie de notre histoire et de notre quotidien. Pourtant, l’étude de la BNB publie des chiffres inquiétants. Les personnes nées à l’étranger sont les grands perdants du marché du travail, leur taux d’emploi étant de 57%. Seuls le Mexique, la Turquie et la Grèce font pire.

Si un Belge a 80% de chance de trouver un emploi, un immigré est à 57%, un chiffre pouvant varier selon l’origine de la personne. Ainsi, les personnes venant du Moyen-Orient voient leur chance diminuer à 44%. Différents facteurs interviennent : âge, genre, origine, nombre d’enfants, organisation familiale, manque de réseau, méconnaissance des codes sociaux.

Les moins bien lotis sont les femmes et les réfugiés. Ces derniers dans un premier temps rencontrent des difficultés plus grandes encore, qui se résorbent après un certain temps d’adaptation. En revanche, la situation des femmes ne s’améliore pas. Visiblement empêchées par le rôle qu’elles occupent dans la tenue des ménages.

Une réalité qui ne s’arrête pas aux nouveaux arrivés, car la deuxième génération semble éprouver les mêmes difficultés que leurs parents. Un fait propre à la Belgique, qui pose la question de l’école, où la réussite scolaire est également un obstacle.

Ces observations font froids dans le dos, car elles démontrent qu’il s’agit d’un choix politique et d’une vision de société. Ce n’est certainement pas une fatalité implacable ! Avec de meilleures conditions d’accueil, et une lutte efficiente contre les discriminations (qui semblent systématiques), nous pourrions améliorer la situation.

La FGTB s’indigne de cette injustice. Il temps que les politiques se réveillent et donnent une chance à ces personnes qui viennent chercher dans notre pays une meilleure vie. D’où qu’ils viennent, les travailleurs méritent les mêmes chances. C’est à cette condition que nous pourrons humaniser le monde du travail. Nous le savons, le travail permet l’émancipation qui mène à une vie digne, celle que mérite chaque être humain. Faisons-le !