Malades de longue durée : le Gouvernement va-t-il une nouvelle fois s’asseoir sur la concertation sociale ?

Malades de longue durée : le Gouvernement va-t-il une nouvelle fois s’asseoir sur la concertation sociale ?

Selon les derniers chiffres de l’INAMI, fin du mois de juin 2018, 415.000 Belges étaient malades depuis plus d'un an. C'est 71.000 de plus qu'au début de la législature Michel.

En 2018, 7 travailleurs sur 10 ayant terminé un processus de réintégration ont été déclassés par le conseiller en prévention – médecin du travail dans le cadre de la procédure de réintégration de la Ministre De Block. Ceci constitue une autorisation pour l’employeur de rompre le contrat sans indemnités ni préavis.

Alarmés par les chiffres, les interlocuteurs sociaux ont remis 2 avis unanimes visant une série de modifications dont :

  • une concertation préalable avant toute décision du médecin du travail ;
  • l’allongement du délai de recours à 21 jours calendrier : il n’est aujourd’hui que de 7 jours ouvrables ;
  • une meilleure prise en compte des recommandations du médecin du travail au niveau de l’aménagement des conditions de travail.

Ces diverses propositions des interlocuteurs sociaux devaient entraîner une diminution sensible des cas de rupture de contrat pour force majeure médicale.

Il se disait que les membres du Gouvernement MR/NVA s’étaient entendus pour donner suite à l’avis du Conseil national du Travail. Nous apprenons maintenant que ce projet d’adaptation de la règlementation serait abandonné par le Gouvernement minoritaire !

La FGTB refuse que l’on continue à exclure et paupériser des milliers de travailleurs et à jouer avec leur santé tant physique que financière.

À l’heure où les employeurs se plaignent d’une pénurie de travailleurs, il serait incompréhensible que ce gouvernement, qui les écoute d’habitude si bien, ne veille pas à réintégrer qualitativement et durablement les malades de longue durée. En outre, une réintégration efficace serait bénéfique pour le système de sécurité sociale.

La FGTB exige donc la mise en œuvre intégrale des avis 2099 du 25 septembre 2018 du Conseil national du Travail et 219 du Conseil Supérieur pour la prévention et la protection au travail.