Non à l'austérité. Retraités: le droit à la dignité !

Non à l'austérité. Retraités: le droit à la dignité !

 

Ce 15 septembre, la FGTB a organisé, en front commun syndical, un grand rassemblement de pensionné-e-s et de prépensionné-e-s.

4000 personnes ont réclamé des pensions minimums dignes pour toutes et tous, pas de recul de l’âge de la pension et de la prépension, et la liaison au bien-être pour tou-te-s les (pré)pensionné-e-s.

Retrouvez ci-dessous le discours d'Anne Demelenne.

 

 

Discours d'Anne Demelenne


« Il n’y a pas un jour, pas une semaine, sans que ne souffle dans toute l’Europe un vent de régression sociale.
Les pensions sont en ligne de mire :

  • recul de l’âge légal de la retraite ou allongement des conditions d’accès ;
  • menaces sur les retraites des fonctionnaires ;
  • en Belgique, suppression des prépensions.


On nous dit que les retraites seront impayables !

Assez de menaces, cessons de faire paniquer les gens. Que cherche-t-on à faire?

On cherche à discréditer les pensions légales, à encourager les pensions privées (dont les pensions complémentaires, 2ème pilier, et le 3ème pilier). Tout profit pour le secteur bancaire et les assurances. On veut nous faire croire que les pensions légales, qui sont basées sur un système de solidarité, coûtent trop cher.

C’est un mensonge, parce que de l’argent, il y en a. Notre société n’a jamais été aussi riche, même en temps de crise. Mais l’argent n‘est pas répartit équitablement et les inégalités augmentent :

  • la part des salaires diminue dans la richesse globale ;
  • 23% des pensionnés (c’est-à-dire quelque 500.000 personnes) ont moins de 900€/mois ;
  • la pension moyenne des femmes se situe entre 600 et 700€/mois…

Tous les 40 ans, le PIB double. En 2050, il atteindra 600 milliards (contre 300 MIA aujourd’hui). Consacrer 5% de celui-ci pour le vieillissement n’est pas insurmontable !

Par ailleurs, il faut poursuivre les gros fraudeurs : ceux qui se moquent de la solidarité.

Avec des mesures comme la levée du secret bancaire on pourrait aller chercher facilement (dans un premier temps) 10 milliards € par an : c’est-à-dire assez pour assainir les finances publiques et financer correctement le fonds de vieillissement.

On nous dit qu’il va falloir travailler plus longtemps !

Nous n’avons jamais interdit de travailler, surtout si c’est un choix ! Mais que fait-on avec les travailleurs fatigués, usés, dont certains ont été pressés comme des citrons ? Il faudrait les obliger coûte que coûte à poursuivre? A cela la FGTB dit non. Pas question de toucher aux prépensions ni à l’âge de la pension !

La FGTB est d’accord d’augmenter le taux d’activité : que l’on donne du travail aux 125.000 jeunes chômeurs et aux 88.000 intérimaires de moins de 25 ans qui attendent un vrai contrat. Ils ne demandent qu’une chose : trouver un emploi convenable et payer leurs cotisations pour financer notre système de solidarité.

 

Mesdames et Messieurs les employeurs,

Nous savons que peu d’entre vous veulent donner du travail aux personnes de plus de 50 ans.

Par contre, certains d’entre vous veulent garder une réserve de main-d’œuvre suffisamment large pour que les conditions de travail et les salaires soient maintenus au minimum.

Ce ne sont pas les travailleurs mais vous qui mettez à mal les caisses de la sécurité sociale et de l’Etat en demandant des réductions de cotisations sociales, des intérêts notionnels, des cadeaux fiscaux.

Nombre d’entre vous réclament l’austérité pour les travailleurs, pour les services publics et la prospérité pour les actionnaires.

C’est contre cela que nous manifesterons le 29 septembre avec nos camarades de toute l’Europe confrontés aux mêmes défis que nous. Nous redirons non à l’austérité !!!

Nous avons besoin de justice fiscale !

Nous avons besoin de justice sociale !

Nous avons besoin de solidarité !

Pas question de casser nos outils de solidarité : nous continuons à exiger le maintien de la sécurité sociale, de la concertation sociale et du droit du travail au niveau fédéral !

Nous disons Non au séparatisme, oui à la solidarité !

Et cela se traduit par une pension légale par répartition (1er pilier). Seule valeur sûre par rapport aux pensions privées -qui alimentent la spéculation- à risque pour les travailleurs et pour l’économie.

La pension légale par répartition garantit une sécurité sur le long terme. Mais elle est trop basse, c’est la raison pour laquelle elle doit être revalorisée.

En continuant à la lier au bien-être. Nous sommes le 15 septembre. Les employeurs bloquent pour rendre un avis, ce n’est pas acceptable. Ils prennent les allocataires sociaux en otage.

En augmentant les pensions pour qu’elles atteignent le salaire minimum garanti interprofessionnel.

En menant une opération de rattrapage pour les pensions les plus anciennes.

Les pensions, cela nous concerne tous actifs, inactifs du nord, du centre et du sud du pays, jeunes, anciens, que ce soit du secteur privé ou du secteur public.

Ne l’oublions jamais, ensemble on est plus forts. Samen sterk. »