Nous ne voulons pas payer pour les erreurs des banquiers !

Nous ne voulons pas payer pour les erreurs des banquiers !

 

Aujourd'hui, le formateur a présenté l'accord sur la 6e réforme institutionnelle. La FGTB va en analyser son contenu. En tout état de cause, elle continuera à œuvrer pour une solidarité interpersonnelle forte dans le cadre d'une sécurité sociale fédérale, des CCT fédérales, un droit du travail fédéral et une fiscalité redistributive forte.

Le plan social et économique du prochain gouvernement doit encore être négocié, mais en raison de la énième crise bancaire dans notre pays, les travailleurs et les demandeurs d'emploi, les malades et les moins-valides et les pensionnés risquent de trinquer pour la énième fois.

Pour lisser leurs revenus, toutes sortes de propositions sont lancées sous le prétexte que "tout le monde devra faire un effort pour résoudre la crise". Mais ce ne sont pas les gens de la rue qui sont responsables de la crise financière et économique ! Les banquiers, les actionnaires et les spéculateurs engrangent avidement les profits sans vouloir les partager. Mais maintenant que la collectivité doit payer pour sauver les banques (et plus particulièrement Dexia), ils font profil bas.

Nous n'avons pas encore entendu d'excuses pour mauvaise gestion, ni a fortiori d'une proposition de restituer jetons de présence, bonus et parachutes dorés. La FGTB exige la création d'une véritable banque publique avec des objectifs clairs et précis.

Entretemps, les statistiques montrent que certains groupes ont toujours moins de possibilités sur le marché du travail que d'autres et qu'en cette période de crise, ils sont encore plus durement touchés. C'est pourquoi, la FGTB lance des propositions constructives pour mettre plus de gens au travail.


I. Oeuvrer pour l'emploi de tous les groupes

Les jeunes

La différence entre le taux d'emploi des jeunes en Belgique et dans l'UE15 n'a pas diminué. Plus particulièrement chez les peu qualifiés et les jeunes d’origine étrangère. Il est de plus démontré que l’origine des travailleurs influe sur l’emploi des jeunes quel que soit le niveau de diplôme.

Nos propositions:

  • Mettre en œuvre des politiques macro-économiques créatrices d’emploi (cf. plan de relance)
  • Revoir en profondeur les mesures visant à stimuler l’emploi des jeunes qui n’ont pas démontré leur efficacité
  • Mise en place de mesures efficaces contre la discrimination à l’embauche basée sur l'origine ethnique
  • Mise en œuvre des avis unanimes antérieurs du CNT :
    • Concentrer la réduction des cotisations et activa sur les jeunes migrants et les jeunes peu qualifiés. Arrêter l'action WIN/WIN dans le cadre de laquelle 1000 euros de réductions des cotisations et activa sont octroyés pour tout jeune ayant un diplôme jusqu'à l'Enseignement secondaire supérieur
    • Introduction d'un socle de protection sociale commun pour toutes les formes de formation en alternance.
       

Les femmes

Par rapport au taux d'emploi masculin (67,4%), un écart important reste à combler pour les femmes (56,5%). En Allemagne, le taux d'emploi des femmes est de 66,1%, aux Pays-Bas 69,3%.

Nos propositions:

  • Donner plus de possibilités aux femmes occupées à temps partiel d'avoir des horaires plus importants, notamment en mettant fin à l'abus des avenants par lesquels les employeurs contournent la législation pour ne pas devoir donner des prestations plus importantes lorsqu'ils font prester trop d'heures complémentaires
  • Stimuler les personnes rentrantes et utiliser leur expérience.


Les peu qualifiés

Le taux d'emploi chez les travailleurs peu qualifiés est de 40,4% en Belgique contre 58,5% dans l'UE27.

Notre proposition:

Il faut créer des emplois pour les travailleurs peu qualifiés dans les secteurs en pleine expansion comme l’aide aux personnes, certains services publics, ...


II. Fins de carrière : propositions

Il ressort de l’inventaire du Conseil National du Travail que toutes Ies mesures en défaveur des travailleurs ont été exécutées.

Les 4 mesures qui n’ont pas été exécutées, sont des mesures qui n’enchantaient pas vraiment les employeurs :

  • solidariser le coût de la prépension en cas d’embauche de travailleurs âgés : nombre d’employeurs n’osent pas embaucher des travailleurs âgés craignant la perspective du coût de la prépension
  • politique du personnel préventive tenant compte de l’âge (qualité du travail, facteurs de risques, accès à la formation…) développée par les secteurs et en entreprise
  • droit à un accompagnement de carrière externe
  • droit à un entretien de carrière périodique au sein de l’entreprise

La FGTB va continuer à exiger de meilleures conditions de travail pour les travailleurs âgés. Ceci soutiendrait la tendance, déjà perceptible, de travailler plus longtemps sur base volontaire.


Responsabiliser davantage les employeurs qui licencient des travailleurs âgés:

Le régime de prépension est déjà en extinction : 69 % des prépensionnés ont + 60 ans. Mais tous les jours, des travailleurs âgés sont licenciés, après des dizaines d’années de service, avant l’âge de la prépension. Ces personnes sont donc mises à charge de la sécurité sociale, souvent pour le reste de leur vie. Pour les ouvriers, ceci ne coûte (presque) rien aux employeurs : 56 jours de préavis.

C’est pourquoi :

  • pour les ouvriers de 45 ans et plus, la protection contre le licenciement doit immédiatement et solidement être améliorée
  • nous proposons que l’employeur qui met un travailleur âgé au chômage, doive prendre en charge une partie des allocations de chômage si le travailleur concerné a été plus de 10 ans au service de cet employeur (par ex. par tranche de 5 années de service : 10 % du coût des allocations de chômage).


Supprimer une série d’obstacles à la reprise de travail :

  • Un prépensionné qui reprend un travail à temps partiel, perd également des droits de pension; ceci devra être corrigé car ce n’était pas le but du législateur.
  • Solidarisation du coût de la prépension en cas d'embauche de travailleurs âgés.


III. GARANTIR UNE PENSION DÉCENTE

Tant d’un point de vue social que d’un point de vue économique, iI est important de garantir une pension décente aux futurs pensionnés et ce, à long terme.

Le financement pourrait se faire via une cotisation sociale (patronale et personnelle) supplémentaire de 1% (Exemple : 1% de la masse salariale du privé = 0,30% du PIB).

Les cotisations bas salaires ne devraient pas être augmentées si les pouvoirs publics envisagent également un effort, réduisant la déduction fiscale pour l’épargne pension individuelle.

Pour rappel : quelques chiffres issus de l'évaluation du "pacte de solidarité entre les générations" qui démontrent que les travailleurs ont rempli leur part du contrat:

  • L'emploi des travailleurs de 55 à 64 ans a augmenté 1,8 fois plus vite que dans l'UE15
    A
    ujourd'hui, il y a 217.000 travailleurs de +50 ans de plus au travail qu'en 2005. L'âge de départ a également augmenté. Le nombre de prépensionnés de moins de 55 ans a connu une forte baisse et dans la catégorie des 55 à 59 ans, on note également une diminution.
    Aujourd'hui, la très grande majorité des prépensionnés a plus de 60 ans.
     
  • Les employeurs n'ont pas rempli leur part du contrat : seuls 11 travailleurs ont pu passer à un travail plus léger et les +50 ans ont bénéficié de moins de formation qu'en 2005 !
    Les mesures visant à maintenir les travailleurs âgés plus longtemps au travail n'ont pas (suffisamment) été mises en œuvre : le nombre de travailleurs âgés qui a pu suivre une formation l'année dernière est plus bas qu'en 2005. Il n'y a pas eu de régime convenable visant à soutenir le passage à un travail plus léger, il n'y a pas eu non plus de solidarisation du coût de la prépension en cas d'embauche de travailleurs âgés, pas de droit à un accompagnement de carrière externe à l'entreprise ni de droit à un entretien de carrière bisannuel pour les travailleurs au sein de l'entreprise.
     
  • Les jeunes restent sur le côté, certainement les jeunes peu qualifiés ou d'origine non européenne
    Le retard au niveau de l'emploi des jeunes s'est encore creusé. Le taux d'emploi des jeunes de 15 à 24 ans s'est encore détérioré au cours de cinq dernières années, passant de 27,5 à 25,2%.
    Au sein de l'UE15, le taux d'emploi des jeunes est de 36,9%.
    La situation est particulièrement préoccupante pour les jeunes peu qualifiés et/ou d'origine non européenne : on note ainsi un taux de chômage de 36% chez les jeunes peu qualifiés (27,3% dans l'UE15) et de 40% chez les jeunes d'origine non européenne (contre 30,3% dans l'UE27).