Pensions : le non travail pénalisé

Pensions : le non travail pénalisé

Le gouvernement veut mieux récompenser le travail presté. Pour cela, il va pénaliser les périodes d’inactivité.

Pension réduite pour chômage et RCC

Mesure déjà annoncée et maintenant concrétisée : les périodes de chômage à partir de la 2e période (après un an) ou de RCC  régime général (CCT17) après la première année, ne compteront plus pour le calcul de la pension sur base du dernier salaire gagné mais sur base d’un forfait (minimum par année de carrière de 23 841,73).

Pour un travailleur avec un salaire moyen et une carrière d’une durée moyenne, les périodes de chômage et de RCC dont le gouvernement a modifié les règles d’assimilation représentent en moyenne 5,6 ans. Un travailleur « moyen » perdra alors 152€ de pension par mois. Une travailleuse « moyenne » perdra quant à elle 133€ par mois compte tenu de l’écart salarial H/F.

Pension réduite pour les longues carrière

Les travailleurs qui ont commencé leur carrière avant l’âge de 20 ans et qui ont donc plus que 45 années de carrière ne constitueront plus de droits à la pension après s’ils perdent leur emploi. C’est-à-dire que les dernières années de chômage ou de RCC ne remplaceront plus les années moins avantageuses se situant surtout en début de carrière.

Pension minimum + 0,7 % sous condition

En 2016, dans le cadre du tax shift, le gouvernement a décidé d’augmenter les pensions minimum pour une carrière complète de 0,7%. Les interlocuteurs sociaux ont effacé cette discrimination entre les gens avec 45 ans de carrière et ceux qui en ont 44 ou moins mais cet été le gouvernement a décidé de réintroduire cette discrimination en relevant les pensions minimum de 0,7% à partir du 1/1/2018 pour les carrières complètes. Mais cette augmentation est réservée à ceux qui ont effectivement une carrière complète. 

Suppression de l’Unité de Carrière

Pour le calcul de la pensions, même si on a travaillé plus, on ne peut pas compter plus de 45 ans de  carrière. Cela s’appelle l’unité de carrière. Le gouvernement a décidé de supprimer la limitation à l’unité de carrière pour tous les jours de travail effectifs. Ceci signifie concrètement que, pour les jours de travail effectifs, il n’y a plus aucune limite quant à la constitution des droits de pension. Pour des personnes qui dépassent l’unité de carrière avec des jours assimilés, le système actuel de la prise en compte des jours les plus avantageux est maintenu.

Cette réforme entrera en vigueur pour les pensions prenant cours à partir du 1er janvier 2019. Elle est destinée à pousser les gens à travailler plus longtemps mais elle a un coût budgétaire important. Où le gouvernement va-t-il trouver cet argent ?

Pension partielle et à points

Le travailleur pourra prendre une partie de sa pension tout en continuant à travailler et à se constituer des droits de pension supplémentaire sur la partie travail (à temps partiel). On financera donc soi-même sa fin de carrière alors qu’aujourd’hui le système de crédit temps fin de carrière prévoit une assimilation (parfois réduite) pour la pension. Les modalités de la pension partielle seront définies afin que celle-ci s’intègre dans le cadre de la pension à points que le ministre compte bien faire passer.