Pensions : nous voulons des garanties, pas une loterie !

Pensions : nous voulons des garanties, pas une loterie !

Un système de pension « à points » semble progressivement se mettre en place. Avec deux risques majeurs pour le travailleur : l’allongement de sa carrière et une diminution non négligeable de son allocation.

C’est avec une indignation croissante que nous avons assisté, ces dernières semaines, aux querelles politiques incessantes au sujet de nos pensions. Une succession d’annonces, de modifications et de contradictions. Et au milieu de tout ce cirque, une pression constante pour développer un système de pension « à points ». Mais le projet qui est actuellement sur la table fera plus de mal que de bien.
La seule « garantie » qu’offre le système à points, c’est celle que l’on devra tous travailler plus longtemps. Le nombre d’années de carrière nécessaires pour partir à la pension sera automatiquement relevé en cas de déséquilibre budgétaire, économique ou démographique. Pour faire court : vous ne connaîtrez la date exacte de votre départ à la pension que deux ans à l’avance.

Aucune garantie financière

Autre incertitude : même si vous savez de combien de points vous disposez, vous ne connaissez pas pour autant la valeur de chacun de ces points, et donc le montant final auquel vous aurez droit. Ce n’est en effet que l’année où vous prendrez votre pension que le gouvernement déterminera cette valeur. Résultat : une complète absence de garanties sur le plan financier. Vous prenez votre pension à un mauvais moment, en temps de crise économique ? Vos points de pension épargnés risquent de valoir moins…

La fixation de la valeur des points relèvera d’une décision purement politique, d’une logique uniquement budgétaire. En réalité, il ne s’agit pas d’un système à points, mais bien d’un système « à trous » : c’est le gouvernement en place à ce moment-là qui décidera que la valeur de vos points peut être gelée pendant des années pour combler d’éventuels trous dans le budget.

Cynisme inégalé

Avec ce système à points, la logique d’économies sur les pensions menée par Michel atteint un degré de cynisme inégalé. Il est insensé qu’un travailleur doive payer la facture d’un gouvernement avec sa pension légale, déjà particulièrement basse. La sécurité sociale, incluant nos pensions, constitue une assurance sociale. Pendant toute leur carrière, les travailleurs s’assurent via des cotisations sociales. Cette assurance doit rester garantie.

Traiter nos pensions comme une loterie, sans aucune certitude pour les travailleurs, est indigne de toute politique. Les travailleurs ont besoin d’une pension garantie leur permettant de vivre dignement. Selon nous, chacun doit avoir droit à une pension égale à 75 % du salaire gagné et à une pension minimum de 1.500 euros. C’est loin d’être utopique : nos pensions comptent à l’heure actuelle parmi les plus basses d’Europe.

De l’urgence d’une approche équitable

Nous en arrivons naturellement au cœur de la discussion : quelles garanties le gouvernement propose-t-il en la matière ? Cette question, nous la posons au ministre des Pensions Daniel Bacquelaine depuis le premier jour au Comité National des Pensions (CNP). Un an et demi plus tard, nous n’avons toujours aucune réponse. Comme à toutes nos autres questions d’ailleurs… Nous avons rejoint le CNP avec l’intention de proposer une solution aux travailleurs qui exercent un métier pénible. A l’heure actuelle, aucune avancée visible n’a pu être faite les concernant. Avant que nous ne soutenions toute réforme, nous voulons qu’il soit tenu compte de cette réalité. Et que l’on travaille à une approche équitable et juste sur le plan social : une compensation pour le travail pénible, un âge de départ à la pension à 65 ans au plus tard, et une pension dont le montant permette à chacun de vivre dignement. Nous ne prendrons pas part à une quelconque « mise en scène » de concertation, mais exigeons une discussion solide et constructive sur le sujet.