Pour un social deal !

Pour un social deal !

A l’aube des élections, la FGTB tire le bilan de la politique des droites et s’emploie à dessiner les contours de son projet européen. Le congrès de la Confédération Européenne des Syndicats sera l’occasion d’y porter les revendications pour une Europe nouvelle et de rassembler l’ensemble des forces progressistes prêtes à lutter pour y parvenir.

Les élections du 26 mai sont un enjeu crucial pour l’avenir de l’Union européenne. Il s’agira de définir la politique future de l’Union Européenne, et de choisir entre deux modèles de société. Le premier s’inscrit dans la continuité du passé. Une politique rétrograde, et aveugle imposée par les droites au nom du marché et de l’austérité. C’est l’augmentation des inégalités, l’ultralibéralisme qui met en concurrence les travailleurs, les attaques envers les systèmes de sécurité sociale et de négociations collectives, le refus d’une harmonisation fiscale pourtant nécessaire.

Une politique inégalitaire qui provoque la montée de l’extrême-droite et des partis xénophobes. Autrefois, ils restaient de l’ombre, tapis, prêts à bondir mais toujours dissimulés. Aujourd’hui, ces partis assument complétement leur idéologie, ils provoquent, mentent, distillent la peur et mettent à mal la démocratie.

Une politique inefficace dont l’échec est constaté partout en Europe et jusqu’au cœur même des institutions européennes, qui publient toujours plus de rapports et d’enquêtes démontrant que cette politique ne fonctionne pas. Et ce malgré, quelques avancées qui ont pu remettre à l’ordre du jour les questions sociales et la solidarité : la proclamation du socle européen des droits sociaux, la révision de la directive détachement et la mise en place de l’Autorité Européenne du travail ou encore l’extension des congés parentaux à tous les Etats-membres.

Et puis, il y a un deuxième modèle. Celui que la FGTB appelle de ses vœux. Il s’agit d’une Europe nouvelle, égalitaire et résolument juste. Parce que l’Europe sera sociale ou ne sera pas, nous en appelons à une Europe  socialement juste.

L’Europe dont nous parlons, c’est une Europe qui s’attaquera à la précarisation croissante de l’emploi. Une précarisation qui touche en particulier les jeunes, les femmes et les migrants. Une Europe où le dialogue social et les négociations collectives seront respectés, renforcés au niveau européen et dans les Etats-membres. Une Europe qui appliquera une politique migratoire plus juste. Une Europe dont les différentes politiques sociales et fiscales s’harmoniseront vers le haut, pour lutter contre le dumping social et fiscal. Une Europe qui investira dans une transition juste, et une politique industrielle durable. Une Europe qui défendra une politique internationale et de commerce progressiste et durable.

Nous ne voulons pas une Europe diminuée, nous voulons d’une autre Europe.

Les défis sont énormes mais ensemble, nous y arriverons. Le congrès de la Confédération Européenne des Syndicats (CES) qui rassemble 90 organisations syndicales et 10 fédérations syndicales européennes se tiendra juste avant les élections, du 21 au 24 mai à Vienne. Nous y serons, et défendrons notre projet pour une Europe plus juste, une Europe sociale, une Europe nouvelle.