Pour une lutte efficace contre les discriminations de genre

Pour une lutte efficace contre les discriminations de genre

Lors de sa campagne, Ursula von der Leyen actuelle Présidente de la Commission européenne a pointé les nombreuses discriminations que les femmes subissent encore sur le marché du travail. Mme von der Leyen a même pris l’engagement de lutter contre ces inégalités dans les 100 premiers jours de son mandat. Aujourd’hui, la CES demande des mesures fortes et efficaces.

Malgré les bonnes intentions de la Présidente de la Commission, la discrimination de genre est encore une réalité bien ancrée dans le monde de l’entreprise. Lesquelles entreprises ne rendent compte à personne. De plus, seule la moitié des États membres ont suivi les recommandations de 2014 de la Commission européenne concernant la lutte contre l’écart salarial femmes-hommes.

La CES réclame la transparence et des sanctions. Cela consisterait à l’obligation d’un audit annuel sur les rémunérations par genre (paquet salarial total, bonus et avantages compris) pour les entreprises occupant plus de 10 salariés. Une nécessaire transparence qui ne représente qu’une première étape. Les entreprises qui ne respecteraient pas cette directive devraient également être sanctionnées. Une proposition qui pourrait être utile en Belgique. En effet, le seuil de contrôle dans notre pays est de 50 salariés, sans oublier que les données concernant les CEO ne sont pas obligatoires.

La Belgique dispose déjà de certains outils pour lutter contre l’écart salarial et la discrimination de genre. Ceux-ci se retrouvent à différents échelons :

  • Niveau interprofessionnel : les interlocuteurs sociaux doivent aborder le sujet à chaque négociation sur l’accord interprofessionnel.
  • Niveau sectoriel : les classifications de fonction doivent être neutres, sous le contrôle du SPF Emploi. Le problème étant que nous nous cantonnons aux noms des fonctions. Ainsi deux personnes faisant le même travail mais ayant une dénomination de poste différente pourraient se voir traiter inégalement.
  • Niveau entreprise : le bilan social est obligatoire et doit être déposé à la Banque Nationale. Chose étrange, l’écart salarial est à 0% pour nombre de grandes entreprises. Pour chaque entreprise de plus de 50 travailleurs, une analyse de la structure de rémunération est obligatoire tous les deux ans. A nouveau, les données fournies sont généralement erronées.

Des outils nécessaires mais qui ne suffisent pas. Pour preuve, l’écart salarial (mensuel brut) se maintient à 20%. Et ce, malgré des sanctions prévues par la Loi qui ne sont pour ainsi dire jamais appliquées.

Il est impératif que les discriminations cessent enfin ! Et pour cela, il faut à l’Europe, une politique et un plan d’actions qui aient l’ambition d’imposer un réel changement tant dans le secteur public que privé.