Pourquoi fêter le 1er mai ?

Pourquoi fêter le 1er mai ?

Pour nous, le 1er mai est un jour de convivialité, de solidarité et de joie. Au programme, partout dans le pays, des discours combatifs, des défilés et des activités en tous genres.

De Bruxelles à Liège, d’Anvers à Charleroi, d'Ostende à Arlon, partout dans le pays, le 1er mai sera célébré avec enthousiasme. La plupart des villes et villages (souvent sur la Grand-Place) seront le théâtre de discours, marchés, animations diverses et concerts. Le 1er mai, c’est souvent une journée que l’on passe en famille, avec des amis, des collègues et camarades.

Il s’agit d’un jour où les travailleurs sont célébrés », déclare le Secrétaire général de la FGTB, Marc Goblet. « On le nie trop souvent mais ce sont les travailleurs qui créent la richesse. Ils font partie, comme les employeurs et les actionnaires, du triangle de l’économie. Ce triangle exige une juste redistribution des richesses pour chacun. Les travailleurs ne sont pas un « coût » ou une variable ajustable comme la droite veut le faire croire.»

Marc Goblet estime que les travailleurs méritent plus de respect : «  Les travailleurs méritent plus que ce gouvernement de droite leur inflige. Sous couvert de modernité, il flexibilise le travail, crée des contrats précaires, place les travailleurs seuls face à leurs employeurs en cassant la concertation sociale. Cette modernité, on n’en veut pas ! »

Le 1er Mai est un jour spécial : il s’agit de la fête des travailleurs. C'est à la fois un jour de fête et un jour de lutte. Cette évolution a, elle aussi, une histoire intéressante.

De jour de lutte à jour de fête…

1892, Paris. L’Internationale socialiste institue le 1er mai comme Journée internationale des travailleurs. Pourquoi ? Pour le savoir, il faut retourner 6 ans en arrière, au samedi 1er mai 1886, marqué par des manifestations et des grèves à l’échelle mondiale.

Partout, des actions ont été initiées avec pour principale revendication les « 3X8 » : aucun travailleur ne devrait travailler plus de 8 heures (8 heures de travail, 8 heures de repos et 8 heures de loisirs). La réaction ne se fait pas attendre... Une grande partie du patronat et de la classe politique décrète un lock-out à l’encontre des grévistes et des manifestants. A certains endroits, comme aux États-Unis, cette journée se termine dans la violence. Le 1er mai devient ainsi une date symbolique. Les grèves sont devenues monnaie courante lors de cette journée, avant que le 1er mai ne devienne un jour férié.

Toutefois, au sein de l’Internationale socialiste, il n'est pas évident de déterminer si le 1er mai sera un jour de fête ou un jour de lutte. À l’époque, la résolution du congrès ne comporte aucune directive concrète en la matière. Cette discussion est en réalité aussi vieille que la Fête des travailleurs elle-même.

Pour les groupes les plus radicaux, le 1er mai est un jour de lutte lors duquel le mouvement ouvrier doit faire entendre ses revendications en faveur d’une société plus juste et plus solidaire. Les socialistes modérés quant à eux voient davantage cette journée comme une journée de fête et de solidarité.

Petit à petit, ces divergences de point de vue se sont estompées, au fur et à mesure que se renforçait l’unité au sein du mouvement socialiste. Vers 1920, un compromis fut trouvé. Le socialiste anversois Camille Huysmans décrivit le 1er mai comme suit : « Le 1er mai est un jour de fête pour le positif et un jour de lutte pour le négatif ».

De jour de fête à jour de lutte

Grâce à la lutte sociale, le mouvement ouvrier socialiste est parvenu à conquérir d’importantes avancées sociales. Le 1er mai devient alors plus qu’un jour de fête. Le 1er mai devient un jour où ces acquis sont fièrement mis en avant, scandés et épinglés sur des banderoles, des tracts et des pancartes. C’est également un aspect important que nous ne pouvons pas oublier.

« Pour nous, la Fête des Travailleurs, c’est un moment pour se rappeler les luttes passées maus aussi évoquer celles à venir», ajoute Marc Goblet. «La réduction collective du temps de travail pour des emplois de qualité, plus de pouvoir d’achat une fiscalité juste, un financement stable de la sécurité sociale, des pensions décentes. Un avenir faisable, social, juste et durable. Et c’est ce à quoi la FGTB continue de s’employer. »

C’est pourquoi, la FGTB dit :

#En avant toute : beaucoup de pays sont aujourd’hui confrontés à une amère droitisation. Les acquis sociaux sont parfois mis à mal ou démantelés. Nous devons de nouveau oser mettre tout en œuvre pour une société dans laquelle chacun peut se retrouver et où les droits et les devoirs sont sociaux et justes de nature.

#Ensemble, on est plus fort : ce slogan, nous ne pouvons mieux le concrétiser qu’en nous rassemblant en masse le jour de la Fête des travailleurs et en montrant combien, ensemble, nous sommes forts. De Bruxelles à Liège, d’Anvers à Charleroi, d’Ostende à Arlon : partout dans le pays, nous montrerons lors de ce 1er mai que nous n’avons pas encore oublié les paroles de l’Internationale.