Projet d’accord interprofessionnel et marge salariale : de quoi s’agit-il ?

Projet d’accord interprofessionnel et marge salariale : de quoi s’agit-il ?

Le projet d’accord interprofessionnel fixe une marge salariale maximale. Que cela signifie-t-il pour vous ?

Malgré un contexte difficile, avec le durcissement de la loi sur les salaires (et donc d’un carcan plus strict pour la fixation de la marge salariale), avec un plan Peeters visant à accroître la flexibilité par la voie législative et une limitation du budget pour les allocations, la concertation sociale a permis de déboucher sur un projet d’accord interprofessionnel.

Celui-ci contient différentes volets, notamment ceux concernant la norme salariale, les RCC - emplois de fin de carrière et les défis sociétaux. Les interlocuteurs sociaux sont également parvenus à un accord sur la concrétisation de l’enveloppe pour la liaison au bien-être. En tant que FGTB, nous soumettrons ce projet d’accord à consultation auprès de nos instantes et de nos militants.

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Renforcement du pouvoir d’achat

Après plusieurs années de blocage des salaires et un saut d’index au profit des entreprises, il était temps que les travailleurs bénéficient d’un peu plus de pouvoir d’achat. Les bénéfices réalisés grâce à une hausse de la productivité des travailleurs devaient d’urgence être répartis de façon plus équitable, surtout au vu de la disparition dudit « handicap salarial » par rapport à nos principaux partenaires commerciaux.

Le projet d’accord fixe à 1,1 % brut la marge salariale maximale sur laquelle des négociations sont encore possibles dans les secteurs d’abord et dans les entreprises ensuite. Une indexation des salaires (2,9% minimum) est également attendue en raison des hausses de prix. L’augmentation des salaires bruts peut, en principe, entrer immédiatement en vigueur en 2017 (moyennant la conclusion d’une convention collective de travail).

Toute le monde va-t-il obtenir une augmentation de 1,1 % ?

Non, cela ne signifie pas que chacun bénéficiera d’une augmentation salariale de 1,1 %.

Au sein de votre secteur d’abord et de votre entreprise ensuite, les syndicats et les employeurs peuvent désormais convenir de la manière d’appliquer ce chiffre. Il peut être décidé d’opter pour des augmentations en % ou forfaitaires, pour un relèvement des cotisations dans l’assurance-groupe, etc. Les CCT peuvent déboucher sur une augmentation du coût salarial horaire de maximum 1,1 %. Les accords peuvent donc être inférieurs. Une augmentation individuelle peut toutefois être un peu plus élevée.

Il s’agit néanmoins d’une augmentation au vrai sens du terme, qui vient en sus de l’index, qui garantit votre pouvoir d’achat si les prix augmentent et en plus des augmentations barémiques (augmentations « normales »  de salaire en fonction de l’ancienneté). Contrairement aux accords sociaux précédents, l’augmentation ne se fera pas par le biais de chèques-repas ou d’éco-chèques.

Marge de négociation

Cela signifie donc qu’une marge de négociation garantie peut désormais être utilisée par nos représentants de façon à ce que les travailleurs puissent obtenir une petite part du gâteau. Notre économie s’en portera un peu mieux : des salaires plus élevés permettent de faire tourner l’économie. Et symboliquement, cela signifie également que l’on reconnait enfin que nos salaires ne sont pas trop élevés par rapport à ce que les travailleurs rapportent aux entreprises.