Qu’est-ce que les femmes ont fait de mal au gouvernement Michel ?

Qu'est-ce que les femmes ont fait de mal au gouvernement Michel ?

 

Par sa manifestation dans les rues de Bruxelles aujourd’hui, la FGTB entend dénoncer une fois de plus la politique d’austérité du gouvernement Michel. A l’initiative des femmes FGTB, les travailleurs et les travailleuses ont mené une action contre les mesures injustes et inacceptables qui touchent plus durement les femmes.

 

La FGTB souhaite attirer l’attention sur cette injustice. Les femmes sont déjà les plus exposées au risque de pauvreté et se retrouvent majoritairement dans les catégories de la population les plus exposées à ce risque (familles monoparentales, pensionnés, ...). Avec les mesures de l’actuel gouvernement, leur situation ne s’améliorera pas. Au contraire ! La FGTB met en garde contre une spirale négative.

 

Les femmes gagnent moins que leurs partenaires masculins. L’écart salarial F/H est toujours de 20%. Le fait qu’elles occupent plus souvent des postes à temps partiel constitue une grande partie de cette inégalité. Bénéficiant d’un revenu moins élevé, le saut d’index pèsera encore plus lourdement sur les femmes.

 

Au 1er janvier 2017, l’allocation de garantie de revenus (AGR) perçue en cas de travail à temps partiel involontaire sera diminuée de moitié. Ce sont alors au moins 50.000 travailleurs, dont 8 sur 10 sont des femmes, qui vont se voir amputés d'une partie importante de leur revenu (qui peut aller jusque 300 euros bruts par mois) sans aucune mesure de "correction sociale".

 

Au 1er janvier 2015, plus de 18.600 demandeurs d’emploi ont été exclus de l’assurance chômage. Parmi eux, 2/3 sont des femmes …Et les exclusions continuent.

 

Les nouvelles règles pour les aidants-proches ou personnes au chômage qui fournissent des soins, sont beaucoup plus restrictives que l’ancien régime et vont plonger de nombreuses personnes dans des situations particulièrement compliquées. Ici encore, les femmes sont en première ligne, puisque la dispense pour raisons sociales ou familiales est octroyée dans 95% des cas aux femmes. Mais les aidants-proches ne sont pas les seuls à faire les frais des décisions gouvernementales. Ceux qui reçoivent les soins seront également impactés par cette mesure.

 

Par ailleurs, la période de crédit-temps sans motif ne sera désormais plus prise en compte pour le calcul de la pension et toutes les périodes assimilées (chômage, crédit-temps, …) risquent d’être supprimées. Très souvent, ce sont essentiellement les femmes qui interrompent leur carrière, par exemple pour une meilleure conciliation de la vie privée et professionnelle.
 

Les mesures d’austérité aveugles ont également rendu l’accueil de l’enfance plus cher et moins accessible. Ici encore, ce sont les femmes qui en font les frais, car elles sont les premières à s’occuper des enfants. Impactant leurs années de carrière, et réduisant, par conséquent, les droits de pension qu’elles se constituent.
Enfin, l’âge légal de la pension est porté à 67 ans. La pension anticipée n’est possible qu’à partir de 63 ans, avec une carrière de 42 ans. Lorsque l’on sait que la carrière moyenne des femmes en Belgique n’est que de 34 ans et que le montant minimum de pension est calculé sur 45 ans, il devient évident que les mesures du gouvernement poussent toutes ces femmes dans la précarité.

 

La liste n’est évidemment pas exhaustive, comme le montre le document en annexe.

 

La FGTB a toutes les raisons de sérieusement remettre en cause la politique de ce gouvernement.

 

Nous exigeons qu’il soit tenu compte de la situation réelle des femmes sur le marché du travail et continuons à nous battre pour une réduction collective du temps de travail, qui permettrait, par redistribution, que davantage de personnes soient au travail.

 

Il y a une alternative solidaire : un travail décent pour tous, l’égalité H/F, un meilleur équilibre entre vie professionnelle et privée, une constitution pleine de droits individuels pour les femmes et les hommes, une répartition juste de la richesse par une fiscalité juste, des services publics forts et une sécurité sociale fédérale forte.