Retour de la dégressivité salariale des jeunes ? Rétrograde, discriminant et irresponsable !

Retour de la dégressivité salariale des jeunes ? Rétrograde, discriminant et irresponsable !

Alors que la fin de la dégressivité salariale des jeunes de plus de 18 ans est devenue réalité depuis le 1er janvier 2015, le gouvernement fédéral propose de rétablir les discriminations du système antérieur.

Auparavant, tous les jeunes travailleurs de moins de 21 ans se voyaient appliquer une dégressivité salariale : ils ne touchaient qu’un pourcentage du salaire minimum interprofessionnel ou sectoriel (s’il en existait un). Après des années de luttes syndicales, un accord de 2013 supprimait progressivement cette dégressivité pour les jeunes de plus de 18 ans qui travaillent sous contrat ordinaire. Mais cet accord ne réglait pas tout : les jeunes de moins de 18 ans, les jobistes et les apprentis de moins de 21 ans continuaient à subir les effets négatifs de cette dégressivité.

Le gouvernement fédéral avait annoncé en 2015 qu’il reviendrait sur cette petite avancée. Il met aujourd’hui son plan à exécution, de façon encore plus radicale que ce qu’il avait laissé sous-entendre. Les jeunes vont subir de plein fouet plusieurs attaques cuisantes sur leur salaire et leurs conditions de travail.

En effet, le gouvernement fédéral avait déclaré qu’il ne « toucherait pas au salaire net des jeunes » concernés et que cette contre-réforme aurait des effets « positifs » sur le budget de la Sécurité Sociale. Nous voilà assommés avec 30% de salaire en moins pour un jeune de 16 ans et près de 20% en moins pour un jeune de 18 ans par rapport à leur collègue de 21 ans ! Et ce, en dessous du salaire minimum et pour le même travail, entendons-nous bien !

Pour ce qui est de la Sécurité Sociale, elle sera encore déforcée malgré toutes les réductions de cotisations déjà octroyées aux employeurs (groupes cibles,…) et sans tenir compte des mesures qui ont, en outre, été prises au niveau des régions pour l’emploi des jeunes (contrat d’insertion, …).

Après avoir privé les jeunes de moins de 21 ans sans diplôme d’allocations d’insertion, avoir mis en concurrence les étudiants jobistes et les jeunes travailleurs, le gouvernement ajoute aux discriminations liées au statut, celles liées à l’âge !

Voici donc une jeunesse confrontée à un marché de l’emploi complètement dérégulé et déséquilibré, des jeunes étudiants jobistes payés au rabais qui pourront travailler 475h par an sans ouvrir aucun droit au chômage ou à la pension, face à des jeunes intérimaires à durée indéterminée, qui, en solde (jusqu’à moins 30%), travailleront 9h par jour, 45h semaine.

Ce gouvernement pousse les jeunes travailleurs dans une situation intenable, au bord du gouffre de la pauvreté ou du burn-out. Une société qui a si peu de considération pour sa jeunesse est une société qui meurt. Si nous ne voulons pas que ce gouvernement nous mène à notre perte, nous nous devons de réagir !

Nous revendiquons le retrait immédiat de ce énième cadeau du gouvernement fédéral aux employeurs, mais notre objectif reste plus large : les Jeunes FGTB continuent d’exiger des droits égaux à la Sécurité Sociale, pour tous les types de contrats, et la fin de toute dégressivité salariale, quelle qu’en soit la raison.

Car on peut retourner le problème dans tous les sens, embaucher des virtuoses de la communication et puiser dans la novlangue les termes qui permettront de faire passer des régressions pour des avancées : en l’absence d’investissements qui permettront de créer des emplois, la seule réponse au chômage de masse est un meilleur partage des richesses et du temps de travail via la réduction collective du temps de travail, avec embauche compensatoire et maintien du salaire.