Robert Vertenueil OIT

Discours de Robert Vertenueil à l'OIT

L’OIT est la seule agence internationale des Nations Unies dont le but affirmé est la justice sociale et la protection des travailleurs et des travailleuses dans le monde entier. La Belgique y a souvent joué un rôle de premier plan.

La Belgique a toujours été aux avant-postes, le mouvement ouvrier et syndical s’étant très vite organisé et ayant réussi à trouver, à travers le dialogue social, des interlocuteurs qui partagent l’idée de la lutte contre la pauvreté, convaincus qu’une répartition équitable des richesses demeure la meilleure forme pour résoudre des conflits et pour assurer la paix.

Le mouvement syndical, une force motrice

Le mouvement syndical a représenté la force motrice qui conduit l’OIT à disposer aujourd’hui d’un véritable droit du travail international.

A l’occasion de la Conférence internationale du travail, Robert Vertenueil, en tant que représentant des travailleurs belges, a pris la parole pour parler des défis du futur : « les travailleurs et les travailleuses constatent que leurs droits et leurs conditions de travail se dégradent dans de nombreux pays. La pauvreté absolue diminue, certes, mais les inégalités et la précarité explosent partout dans le monde. L’idéal de justice sociale est encore bien trop souvent inaccessible pour une grande partie de monde du travail. Mais une chose est sûre, nous ne progresserons pas dans la promotion, le maintien et l’expansion du travail décent sans dialogue social et sans respect de la liberté syndicale. »

Et de rappeler : « En Belgique, nous ne sommes pas à l’abri non plus d’une menace contre les droits fondamentaux des travailleurs, comme en témoigne le cas d’un dirigeant syndical qui est aujourd’hui poursuivi pénalement pour avoir exercé son droit de grève. Et nous attendons la décision, le 26 juin prochain, de la Cour d’Appel de la ville d’Anvers que nous avons saisie à propos de cette affaire. »

A l’aube de son second centenaire, l’OIT se doit de renforcer ses principes fondamentaux et de répondre aux nouveaux défis : « l’avenir de l’OIT sera intimement lié à sa capacité à gérer les défis sociaux, environnementaux et technologiques posés à la fois par la mondialisation et l’impact toujours croissant des multinationales et des chaînes d’approvisionnement, par la digitalisation de l’économie et  la précarisation du travail, et par la crise climatique. »

Pour cela, l’OIT se doit de rester fidèle à son mandat qui relève de la protection des droits des travailleurs, via :

  • la promotion et application des normes par les Etats membres ainsi que par les multinationales et les différents acteurs des chaînes d’approvisionnement ;
  • l'adoption de nouvelles normes et conventions internationales qui reflètent et répondent aux nouveaux défis du monde du travail. Comme va le montrer, je l’espère, cette Conférence, en adoptant une Convention forte sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail ;
  • la préservation des mécanismes de contrôle dont l’autorité grandissante assure l’efficacité de l’OIT.