S'unir, lutter, GAGNER !

S'unir, lutter, GAGNER ! Discours du 1er mai

Camarades,

Mes amis,

Enfin !

Enfin nous voyons la fin de ce gouvernement de misère.

Enfin, nous allons pouvoir clore l’un des chapitres politiques les plus durs et les plus noirs pour les travailleurs et les plus fragilisés de notre société.

Enfin, nous allons pouvoir offrir une perspective aux millions de citoyens qui ont été victimes des politiques dogmatiques et injustes de ce gouvernement.

Cela fait 4 ans et demi que nous supportons cette alliance des droites qui en si peu de temps aura fait tant de dégâts.

Ce gouvernement, mes camarades, aura été celui des oubliés !

D’abord, ils ont oublié les femmes qui ont systématiquement été prises pour cibles et ont vu leurs droits s’amenuiser. Faisant ainsi des femmes, des citoyennes de seconde zone.

Ensuite, ils ont aussi oublié les jeunes à qui la seule réponse politique qu’ils ont été capable de fournir, c’est galère, galère, galère. Avec entre autres la réinstauration des bas salaires pour les jeunes.

Puis, ils ont surtout oublié les pensionnés. Ils se sont en effet empressés de porter l’âge légal de la pension à 67 ans. Par contre leurs promesses de tenir compte de la pénibilité du métier ou de prévoir des mécanismes permettant de finir sa carrière en douceur : oublié, envolé, disparu !

Ce n’est pas tout ! Ils ont encore oublié les allocataires sociaux à qui ils avaient promis de remonter les allocations sociales minimales au-dessus du seuil de pauvreté. Pourtant très vite cette promesse a été mise aux oubliettes. Ainsi, plutôt que de tenir leurs engagements ils se sont empressés de créer le service d’intérêt communautaire qui s’apparente à de l’esclavagisme moderne, à un retour au travail gratuit et dénigrant.

Enfin, ils ont oublié les travailleurs : saut d’index, flexibilité, toujours plus, plus vite pour moins !  

C’est donc au nom de tous ceux que ce gouvernement des patrons a oublié, au nom des travailleurs, que je n’ai qu’une chose à vous dire… PLUS JAMAIS ÇA !

Il est temps que les choses changent. Il est temps, plus que temps, que l’on mène une politique au profit de la majorité et non plus de quelques privilégiés.

Alors ils diront fake news, démagogie… Ce sont leurs seuls arguments. Même si les chiffres, ça emmerde tout le monde, je pense qu’il faut avoir une vision claire du bilan de ce gouvernement de malheur.

- Le bilan de ce gouvernement c’est 5% des travailleurs à temps plein en situation de pauvreté… les fameux travailleurs pauvres. Ce n’est pas moi qui le dit, mais Eurostat ;

- Le bilan de ce gouvernement c’est l’augmentation de la pauvreté qui fait qu’1 Belge sur 5 est en situation de pauvreté. Augmentation de 300.000 personnes. Ce n’est pas moi qui le dit mais le Service Public de lutte contre la pauvreté ;

- Le bilan de ce gouvernement c’est une explosion du nombre de travailleurs malades et de burnouts qui touchent plus de 24.000 personnes. Ce n’est pas moi qui le dit c’est l’INAMI ;

- Le bilan de ce gouvernement c’est une perte du pouvoir d’achat des travailleurs de 2,3%. À nouveau, ce n’est pas moi qui le dit, c’est l’Organisation internationale du Travail (OIT).

À l’heure du bilan donc, les travailleurs n’oublieront pas le saut d’index, la pension à 67 ans, le blocage des salaires, le travail forcé et gratuit pour les chômeurs de longue durée, le retour des jobs mal payés, la flexibilité démesurée, etc., etc.

Le bilan de ce gouvernement des patrons est donc simple à résumer mes camarades : «  Précarité, Précarité et encore Précarité ! ».

Alors aujourd’hui, plus que jamais, je vous appelle toutes et tous à être les moteurs du changement.

C’est à vous, en symbiose avec les acteurs de la société civile et les corps intermédiaires, qu’il reviendra de réparer les affres de ce gouvernement et de nous mener sur la voie du progrès social.

Les solutions sont là ! Je vois que les alternatives de la FGTB font partie intégrante de votre programme, du cap que vous vous proposez de suivre pour les prochaines années.

Ce cap est très clair, c’est celui du progrès social.

Camarades, chers amis, au lendemain des élections du mois de mai, ensemble, avec les progressistes de ce pays, avec les corps intermédiaires, avec les mutuelles, les associations, les magistrats, les médecins, avec les jeunes et bien d’autres encore. En bref avec tous ceux que ce gouvernement n’a pas entendu, qu’il a nié,  je veux qu’on puisse enfin s’atteler à dessiner les contours d’un avenir socialement plus juste et acceptable pour la majorité et non plus les quelques privilégiés.

Car il y a urgence !

La première urgence qui s’imposera sera celle de l’urgence sociale. Face au cataclysme social causé par la droite, il nous faudra, il vous faudra, tenir parole.

Si les citoyens et les travailleurs vous accordent leur confiance, j’ose espérer que dès le 27 mai vous vous emploierez à tout mettre en œuvre pour que les travailleurs et la majorité de nos citoyens et non plus quelques privilégiés retrouvent un pouvoir d’achat conséquent.

Ça passera par le rehaussement du salaire minimum à 14€/heure (2.300€/mois).

Ça passera également par des pensions revalorisées de minimum 1.500€ net ou correspondant à 75% du salaire moyen du travailleur.

Ça passera enfin par le relèvement des allocations sociales à 10% au-dessus du seuil de pauvreté.

La seconde urgence est l’urgence climatique. C’est une évidence, mais il faut le rappeler, car en matière climatique l’inaction et la communication politicienne ont été la règle alors que des milliers de citoyens en appelaient à un changement radical.

La troisième urgence, ou plutôt le chantier le plus important pour la prochaine législature, c’est celui de la Justice fiscale.

Car aujourd’hui, la fiscalité se caractérise par des injustices criantes.

Pourquoi les travailleurs doivent-ils contribuer plus que les gros actionnaires ou que les multipropriétaires ? Pourquoi devrions-nous accepter que ce soit les épaules les plus fragiles qui supportent la partie la plus lourde de l’effort ?

Est-ce bien juste ?

Un système fiscal qui aujourd’hui permet aux grandes entreprises d’éluder l’impôt en toute légalité.

Pas qu’un peu. La moitié, vous entendez bien, la moitié du PIB belge s’est évaporé en une année vers les paradis fiscaux !

Un système fiscal donc qui tolère l’évasion fiscale.

De 20 à 35 milliards de rentrées perdues à cause de la fraude fiscale chaque année.

Un système fiscal enfin qui exonère les actionnaires de payer leurs impôts pendant que les travailleurs eux passent à la caisse.

Un système fiscal qui fait qu’il vaut mieux louer trois appartements que de percevoir un salaire de son travail.

C’est injuste et de plus en plus inacceptable.

Nous voulons que le prochain Gouvernement déplace l’effort fiscal des épaules les plus fragiles vers les épaules les plus robustes.

Qu’on s’en prenne une fois à ceux qui profitent de nos routes, de nos écoles, de nos hôpitaux, de nos services publics et qui en même temps refusent de contribuer à leur financement.

Je ne m’étendrai pas sur l’ensemble des réformes que nous proposons, mais je pense qu’il est temps qu’on impose une taxe sur les plus-values sur actions.

Il est également grand temps que tous les revenus soient considérés de manière globale et juste, qu’ils s’agissent des revenus du travail ou des revenus du capital mobilier ou immobilier.

Alors j’entends d’ici les mauvaises langues qui parleront de rage taxatoire. Pourtant il s’agit ici non pas de taxer plus, mais de taxer mieux. C’est d’ailleurs notre vocation à nous les progressistes d’établir des mécanismes permettant de redistribuer justement les richesses et de réduire les inégalités.

Nous plaidons donc pour la mise en place d’un social shift. Ce virage fiscal socialement juste devra reposer sur de nouveaux modes de financement de nos mécanismes de solidarité.

Enfin, nul doute qu’au lendemain des élections certains tenteront de poursuivre leur travail de sape. Nul doute que la ligue des droites voudra remettre le couvert et continuer à s’en prendre à nos droits. Les partis de droite, Open Vld, NV-A et MR en tête, ont inscrit dans leur programme la volonté de s’attaquer à notre droit de mener des actions, la volonté de s’attaquer aux mutuelles, de s’en prendre aux organisations syndicales, aux associations. Bref à tous ceux qui osent leur dire NON. Ceux qui osent s’indigner.

Qu’ils soient d’ores et déjà prévenus. Personne ne nous fera taire ! Qu’ils écoutent bien, les droits et les libertés syndicales font partie intégrante d’une démocratie. D’ailleurs s’il y a bien un jour où il faut rappeler que les droits syndicaux sont une des conditions indispensables à la démocratie, c’est bien aujourd’hui, le 1er mai.

Cette journée n’appartient et n’appartiendra jamais, ne leur en déplaise, à quelques jeunes cadres dynamiques endimanchés qui se réunissent en terre bleue du Brabant Wallon, là où les libéraux tout puissants font soi-disant de la politique autrement, pour entendre les barons libéraux leur dire que tout va bien Madame la Marquise.

Car le 1er mai, souvenez-vous en camarades, c’est la commémoration de la mort de camarades syndicalistes qui manifestaient pour la journée des 8 heures. Cette même journée des 8 heures qui s’éloigne de plus en plus dans un monde ultralibéral.

Le 1er mai est la fête des Travailleurs et elle n’appartient qu’à eux.

Aujourd’hui, plus que jamais, je le dis du haut de cette tribune, si le Gouvernement et le patronat croient que nous allons courber l’échine, qu’ils nous intimident en condamnant et criminalisant ceux qui osent leur résister, ils se trompent lourdement. La FGTB continuera à se dresser vent debout contre l’obscurantisme et l’ultralibéralisme. Et qu’ils préparent les menottes et les cachots, nous sommes prêts. Ils auront vite fait de nous opposer ce fameux principe du droit au travail ! Que croient-ils ? Qu’on a besoin de nous expliquer ce que c’est que le droit de travailler ? Qu’ils aillent l’expliquer aux jeunes qui en cherchent, qu’ils aillent l’expliquer aux travailleurs de Proximus, qu’ils aillent l’expliquer aux travailleurs de NLMK, aux milliers de travailleurs de la construction qui ont perdu leurs emplois, qu’ils aillent l’expliquer aux travailleuses de Belfius. Qu’ils aillent l’expliquer à ceux qui perdent leur emploi, chaque jour, de-ci de-là. La vérité mes camarades, c’est qu’ils parlent de quelque chose qu’ils ne connaissent pas. Si nous nous battons, si nous contestons, c’est justement pour le travail. Mais avoir du travail ne veut pas dire tout accepter et se résoudre à tout ! Travailler ne veut pas dire ployer sous le poids de décisions injustes !

Travailler oui, s’abaisser et mettre genou à terre : JAMAIS !

D’ailleurs je vous invite toutes et tous à continuer le combat dès demain.

Un premier rendez-vous que l’on ne peut manquer est fixé au 12 mai. Moment où l’ensemble des oubliés, les jeunes, les femmes, les migrants, les pensionnés, les travailleurs s’uniront pour exiger que les choses changent.

Deux jours plus tard, le 14 mai, la FGTB redescendra dans les rues pour exiger un pouvoir d’achat retrouvé et l’éradication des inégalités. Car on ne peut plus le tolérer mes amis. Il n’est plus acceptable que la part des travailleurs diminue et diminue encore au fur et à mesure du temps alors que les porte-monnaie des grosses fortunes et des actionnaires eux s’alourdissent un peu plus chaque jour.

Ce 14 mai, aux 4 coins de la Belgique, travailleurs et travailleuses, vous qui avez souffert pendant plus de 4 années, rejoignez-nous et envoyons un signal très clair au monde politique, à ceux d’hier qui nous ont harcelé et à ceux de demain que nous surveillerons de près. Nous méritons notre juste part des richesses !

Enfin, j’en terminerai en vous disant que le temps est à l’union des progressistes, à l’union des travailleurs, à l’union des indignés, à l’union de tous ceux qui refusent le retour à une époque que l’on croyait révolue.

Aux travailleurs qui attendent leur juste part des richesses,

Aux jeunes qui exigent un avenir durable sur une planète sauvegardée,

Aux progressistes, aux indignés, à vous toutes et toutes, je vous le dis :

UNISSEZ-VOUS

Continuons à lutter ensemble !

Et ensemble, le 26 mai nous allons gagner !

Ensemble on est plus forts !

Bonne fête du premier mai !

Vive le socialisme,

Vive les travailleurs,

Et vive la FGTB !