Sommet sur le Climat de Cancún: le bilan

Sommet sur le Climat de Cancún: le bilan

Plus de 190 pays se sont mis d’accord, lors du Sommet sur le Climat de Cancún, sur un certain nombre de mesures destinées à lutter contre les changements climatiques.

 

Alors que les négociations semblaient s’enliser, que les espoirs d’un accord semblaient s’éloigner, les dernières 24 heures ont été décisives et, au final, Cancún se conclu par un accord.

 

Il ne s’agit pas vraiment de l’accord ambitieux et légalement contraignant que l’on attendait pour remplacer le Protocole de Kyoto qui vient à échéance fin 2012. Mais cet accord a le mérite de rétablir la confiance entre pays industrialisés et pays en développement.


Contre toute attente, et après l’échec des négociations à Copenhague, un accord international a été signé. Le processus des Nations Unies est réanimé. Reste maintenant à faire de même avec le climat.


Accords marquants

 

  • Reconnaissance officielle des Nations Unies de limiter le réchauffement climatique à maximum 2°C
  • Création d’un Fonds Vert Climat de 100 milliards de $ par an à partir de 2020 pour permettre aux pays en développement d’assurer leur développement en limitant leurs émissions de carbone, c'est-à-dire permettre leur développement sans commettre les erreurs des pays développés
  • Limitation de la déforestation, en échange de moyens financiers adéquats

 

Déceptions

 

  • Pas d’objectif de réduction des émissions de CO2
  • Pas de référence à des aspects légalement contraignants, obligeant les Etats à respecter leurs engagements
  • Aucune spécification sur la manière dont le Fonds Vert Climat sera alimenté
  • Faute d’accord sur une éventuelle prolongation du Protocole de Kyoto en attendant de trouver un nouvel accord global

 

Transition juste et travail décent

 

Alors que les syndicats s’inquiétaient de ne pas voir reprise la transition juste dans les textes en négociation, voilà que sont repris la transition juste et le travail décent dans le texte final !


A cet égard, soulignons le travail réalisé par l’ensemble de la délégation syndicale qui n’a pas ménagé ses efforts pour faire valoir notre revendication commune.


Grâce au travail de la FGTB et de la CSC auprès de la délégation belge qui assurait la présidence de l’Union européenne, nous avons obtenu le soutien ferme et actif de l’Union européenne sur la transition juste afin de la retrouver dans l’accord final.


Cancún représente désormais une étape qui relance les négociations, qui rétablit la confiance, qui démontre qu’un accord global est possible et qui marque des avancées très concrètes. Mais beaucoup d’efforts restent à produire pour doter la communauté internationale d’un outil légal et contraignant pour lutter contre les changements climatiques. La composante sociale et l’importance de la prise en considération des travailleurs est maintenant acquise. A nous, syndicats, de traduire le concept de transition socialement juste vers une société bas carbone en réalité nationale.