Vote sur la « gouvernance économique »: vers plus d’austérité

Vote sur la « gouvernance économique »: vers plus d'austérité

 

Le Parlement européen a définitivement approuvé la législation (« six pack ») relative à la gouvernance économique.

 

Malgré les nombreux efforts fournis par la FGTB et la Confédération européenne des syndicats pour donner une orientation sociale aux textes, la législation dans sa forme actuelle reste inacceptable pour la FGTB.


En effet, même si nous sommes parvenus à faire intégrer dans la législation sur les déséquilibres macro-économiques une forte clause concernant le respect de l’autonomie des partenaires sociaux et des coutumes nationales en matière de négociations collectives, la Commission européenne et la BCE sont aux aguets pour sabrer dans notre système d’indexation, nos pensions et nos salaires (a fortiori dans le secteur public).


Certes, une meilleure coordination économique est importante, pour les citoyens, les Etats membres ou l’économie. Et le manque de solidarité financière entraîne l’effet domino qui conduit à la faillite des banques puis celle des Etats. Ainsi, l’idée d’un renforcement du pilier économique et financier, outre le pilier monétaire de l’union monétaire, est une revendication syndicale. Mais la législation dans sa forme actuelle semble avoir été conçue pour mettre en œuvre un agenda conservateur de modération salariale et d’austérité. Le résultat d’une telle politique est sans appel : une stagnation économique générale dans l’Union européenne et une dislocation socio-économique totale en Grèce et en Irlande.


La déflation salariale, des conditions de travail précaires, des allocations sociales érodées et des prévisions publiques dégradées risquent de devenir la règle dans l’Union européenne.


Ce dont l’Europe a plutôt besoin, ce sont des décisions politiques fermes et courageuses. Ainsi, la FGTB continue à réclamer:

  • une introduction rapide des euro-obligations afin de déjouer les attaques des spéculateurs et de prévoir une base de capital solide pour les Etats membres ;
  • de nouvelles recettes publiques via la lutte contre la fraude fiscale à tous les niveaux, la mise en place d’une taxe sur les transactions financières et l’harmonisation de l’impôt sur les sociétés ;
  • un programme d’investissement européen ambitieux ;
  • une régulation stricte du monde financier ;
  • l’introduction d’un seuil minimum en matière de salaires et de protection sociale partout en Europe et le renforcement du système de négociations collectives, afin d’éliminer les emplois précaires et sous-payés.


A défaut, le cercle vicieux de la méfiance, des finances publiques déséquilibrées et du dumping social ne cessera d’entamer le tissu économique et social de l’Europe. C’est pourquoi la FGTB continuera à veiller au respect des clauses sociales dans la législation et à se mobiliser contre toute tentative de dumping social.