Le Comité fédéral de la FGTB a approuvé à 68,70% le projet d’Accord interprofessionnel 2009-2010.
Pour Anne Demelenne, Secrétaire générale de la FGTB, « la FGTB est un syndicat responsable. La démocratie interne a joué et a approuvé un projet d’Accord solidaire élaboré dans un contexte socio-économique complexe. Ce « oui » est un signal important qu’a souhaité donner la FGTB en vue de renforcer et pérenniser notre modèle de concertation sociale belge ».
C’est à l’aune du mandat qui avait été donné à ses négociateurs que les militants de la FGTB se sont positionnés en faveur du projet de texte. Ainsi, cinq points importants du cahier de revendications AIP de la FGTB ont été rencontrés. La FGTB a :
1. contribué à ce que l’on ne touche pas à l’indexation brute et à ce que l’on empêche tout mécanisme de correction;
2. permis, étant donné le contexte socio-économique exceptionnel que nous connaissons, des augmentations nettes pour tous les travailleurs (375€ sur deux ans dont 125 en 2009 et 250 en 2010) ;
3. produit concrètement de la solidarité en arrivant à ce que soit conditionné, pour la première fois dans l’histoire de la concertation sociale, la mise à contribution de l’Etat par un financement alternatif. Cette opération est prévue à partir de 2010. Ce financement alternatif doit pouvoir mieux répartir les richesses en mettant davantage à contribution les revenus du capital, sans toucher au pouvoir d’achat des travailleurs. Il doit également préserver le bon fonctionnement des services publics ;
4. grandement contribué à ce que l’on n’oublie pas les travailleuses. En effet, l’enveloppe nette dont il est question plus haut vaut aussi pour les temps partiels qui sont souvent occupés par des femmes et, d’autre part, on a mis fin aux discriminations dont étaient victimes les femmes enceintes qui doivent être écartées de leur travail pour des raisons de risques liés à leurs prestations : elles recevront désormais toutes 90% de leur dernier salaire ;
5. obtenu, et c’était l’un de ses chevaux de bataille, un meilleur remboursement des frais de déplacement entre le domicile et le lieu de travail (l’intervention de l’employeur passe de 60% à 75%).
La FGTB souhaite également mettre en évidence trois dossiers qu’elle a largement contribué à faire aboutir positivement:
-l’excellent accord sur la liaison au bien-être qui, dans le contexte de crise que nous connaissons avec ce que cela entraîne comme conséquences sur l’emploi, restaure le principe d’assurance pour les allocations de chômage. L’accord prévoit, entre autres la revalorisation des pensions et des revenus de remplacement en général, sans oublier les invalides.
-les travailleurs victimes de chômage temporaire -conséquence de la crise financière- seront aidés (70% -pour les cohabitants- et 75% -pour les chefs de ménage et les isolés- du dernier salaire plafonné) ;
-la baisse de la facture énergétique des ménages.
Le vote de la FGTB porte, bien entendu, sur la stricte application du texte, tel qu’il a été rédigé par les partenaires sociaux, quel que soit le futur nouveau premier ministre qui entrera en fonction. A cet égard, la FGTB réclame que les mesures prévues entrent en application dès le 1er janvier 2009, et, a fortiori, celles qui soutiennent le pouvoir d’achat des victimes de la crise financière.
La FGTB rappelle en outre que le principe des augmentations nettes est le résultat d’un contexte exceptionnel. En aucun cas, il ne constitue un précédent pour de futurs accords interprofessionnels.
Le politique dispose désormais d’un socle solide élaboré par les partenaires sociaux sur lequel il peut s’appuyer. La FGTB restera extrêmement vigilante quant à la suite que le futur Gouvernement lui réservera.