Dans les couloirs du centre de conférence à Hong Kong, l’ambiance est tendue. On est dans l’attente. Dans le cadre de la sixième conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui s’est ouverte il y a deux jours, les négociations connaissent des débuts difficiles. Jusqu’à présent, les Etats membres de l’OMC se sont montrés peu flexibles par rapport à leurs positions connues en matière d’agriculture, d’accès au marché des produits non-agricoles (NAMA), de services et de développement.
Il y a quelques semaines, la Commission européenne avait fortement réduit ses ambitions pour cette rencontre au sommet. La Commission a également envisagé une nouvelle stratégie pour pouvoir malgré tout clôturer ces négociations sur la libéralisation (également appelées négociations de Doha sur le développement) en 2006.
A Hong Kong, la Commission souhaite négocier un ensemble de mesures sur le développement, pour que l’aspect développement soit concrétisé. D’autre part, elle a l’intention d’élaborer une carte de route indiquant clairement ce sur quoi il faudra discuter après Hong Kong.
Pour la FGTB qui est représentée à Hong Kong dans la délégation gouvernementale belge par Jo Vervecken, il ne peut être question de négociations sur le développement sans mesures qui favorisent le travail de qualité dans le monde. Favoriser le travail de qualité qui, outre le travail, implique aussi les droits au travail, la protection sociale et le dialogue social, n’est pas un réflexe protectionniste, mais une façon structurelle de lutter contre la pauvreté et la concurrence déloyale.
Sous la devise « decent work for decent life » (un travail décent pour une vie décente), la FGTB travaille à Hong Kong en collaboration avec une représentante syndicale congolaise et un représentant sénégalais (dont la participation a été rendue possible grace au soutien de la FGTB et de la DGCD-Coopération au Développement) ainsi qu’avec de nombreux autres syndicalistes pour faire passer ce message. Le travail syndical y est coordonné par la CISL et la CES. Lors des réunions avec les responsables politiques, nous indiquons à quels endroits, dans le projet de déclaration ministérielle, la dimension sociale peut être intégrée en faisant référence à l’OIT, aux droits fondamentaux des travailleurs et au travail de qualité. Le Commissaire européen en charge du commerce, Peter Mandelson, a déclaré qu’il soutiendrait nos propositions, mais de là à les mettre lui-même sur la table, c’est un pas qu’il ne franchit pas.
Vous pouvez consulter plus d' info sur la conférence de l'OMC sur le site internet du Parlement Européen.