Selon la
FGTB, l'Organisation mondiale du commerce (OMC), qui se réunit
du 10 au 14 septembre à Cancun (Mexique), encourage une concurrence
économique acharnée qui prive souvent les travailleurs
et travailleuses de leurs droits les plus fondamentaux. Des millions
de travailleurs, en particulier dans les pays en développement,
sont dénués de la moindre protection face à des
gouvernements qui continueront à ne les traiter que comme un
facteur de production corvéable et remplaçable à
merci tant que l'OMC n'assurera pas le respect des droits des travailleurs
dans ses accords commerciaux. Une situation dont bien trop d'employeurs
s'empressent de tirer profit.
Les membres
de l'OMC ont délibérément choisi de ne pas tenir
compte des pires formes de travail des enfants, des droits à
la liberté syndicale et à la négociation collective,
et des principes d'égalité à l'égard des
femmes et d'autres travailleurs souvent discriminés.
Le refus de prendre en compte ces droits fondamentaux des travailleurs
dans les accords commerciaux permet aux investisseurs de parcourir
le monde à l'affût de gouvernements qui, dans le cadre
d'une compétition permanente pour ne pas perdre d'investissements
et de contrats, choisissent de ne pas assumer leurs obligations internationales
et morales de protéger leur main-d'oeuvre nationale.
Selon les "
groupes spéciaux " (panels) de l'OMC, un produit fabriqué
illégalement par des enfants dans des conditions dangereuses,
ou par un travailleur occupé dans un atelier clandestin travaillant
en équipe 48 heures d'affiliée, est identique à
un produit fabriqué dans des conditions de travail légales,
sûres et humaines. La neutralité de l'OMC sur ce point
est effectivement un encouragement à saper les normes internationales
du travail.
Si la FGTB soutient
en principe un système commercial multilatéral fondé
sur des règles, elle s'oppose vivement à un système
conçu pour permettre aux entreprises de tirer parti des travailleurs
qui n'ont guère, voire aucune protection contre l'exploitation.
Les pays qui, globalement, essaient de garantir le respect des normes
internationales du travail (comme le Brésil, l'Afrique du Sud
ou encore la Jamaïque) perdent des investissements étrangers
au profit de pays qui ne respectent pas ces normes.
Selon Guy Rider,
le secrétaire général de la Confédération
Internationale des Syndicats Libres (CISL) dont la FGTB est un
des membres fondateurs, " la mondialisation a le potentiel d'apporter
d'importants bénéfices à des millions de personnes,
mais si tous les membres de l'OMC se sont engagés à
défendre les droits fondamentaux des travailleurs, il est cependant
lamentable de noter qu'ils ne tiennent pas leur promesse puisqu'ils
permettent que le système commercial international piétine
ces droits dans la course destructrice à reculons que l'OMC
encourage."
Et cette course
à reculons s'est accélérée avec l'expansion
mondiale des zones franches d'exportation (ZFE) qui sont particulièrement
conçues pour attirer l'investissement étranger. Bien
qu'elles soient une précieuse source d'emplois, elles sont
presque toujours la scène de violations systématiques
des droits des travailleurs. Au nom du développement économique,
les travailleurs de toutes les régions du monde et en particulier
les quelque 43 millions estimés de travailleurs des ZFE,
principalement des jeunes femmes, sont enfermés dans des
fabriques pour faire des heures supplémentaires qui leur sont
imposées et qui sont souvent non rémunérées,
risquant le licenciement si elles tombent enceintes et recevant des
amphétamines des managers pour pouvoir tenir le coup pendant
des heures de travail extrêmement longues. En outre, selon la
CISL, il y a eu en 2002 dans les ZFE des exemples innombrables de
répression de militants syndicaux *.
Ce processus
est aggravé par l'accession à l'OMC de la Chine,
laquelle, avec le démantèlement des systèmes
de quota aux termes des accords de l'OMC, réussit à
détourner les investisseurs de nombreux autres pays en développement
et à les attirer vers son économie au rabais, notoirement
réputée pour son interdiction catégorique de
tout syndicat indépendant et pour la répression de toute
tentative des travailleurs d'améliorer leur propre situation.
La FGTB engage
par conséquent la délégation gouvernementale
belge présente à la Conférence ministérielle
de l'OMC à Cancun, de ne pas ignorer les effets débilitants
de la course à reculons qui se fait au détriment des
travailleurs dans les pays riches et pauvres. Un système de
libre commerce sans respect des droits fondamentaux des travailleurs,
actuellement favorisé par les membres de l'OMC, n'allège
pas la pauvreté, il l'exacerbe.
En réclamant
le respect des droits des travailleurs à l'OMC, la FGTB soutient
la campagne du groupement Global Unions sur la mondialisation
dont l'objectif est de sensibiliser la communauté et de développer
le soutien de l'opinion publique en faveur des intérêts
des personnes qui doivent prédominer dans ces processus.
Pour des informations
de référence sur la position syndicale internationale
à l'égard des développements à l'OMC,
visitez la page : http://www.global-unions.org/globalisation
La délégation FGTB présente à Cancun est
composée de
Daniel Van Daele, Secrétaire Fédéral FGTB - Tél.
0052-998-881-26.23/24 ou 25
Carlos Polenus, Vice président SETCa - Tél. 0052-998-881-55.00
ou 56.00
Jo Vervecken, adviseur service d'études économique FGTB
- Tél. 0052-998-881-44.00
* Selon le rapport
de l'Organisation internationale du travail sur les ZFE "L'emploi
et la politique sociale dans les zones franches d'exportation (ZFE"
(mars 2003)
Consultez également notre DOSSIER
sur la Conférence de l'OMC à Cancun 