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Dans sa " course à reculons ", l'OMC ignore les droits des travailleurs

Bruxelles, le 4 Septembre 2003.

 

Selon la FGTB, l'Organisation mondiale du commerce (OMC), qui se réunit du 10 au 14 septembre à Cancun (Mexique), encourage une concurrence économique acharnée qui prive souvent les travailleurs et travailleuses de leurs droits les plus fondamentaux. Des millions de travailleurs, en particulier dans les pays en développement, sont dénués de la moindre protection face à des gouvernements qui continueront à ne les traiter que comme un facteur de production corvéable et remplaçable à merci tant que l'OMC n'assurera pas le respect des droits des travailleurs dans ses accords commerciaux. Une situation dont bien trop d'employeurs s'empressent de tirer profit.

Les membres de l'OMC ont délibérément choisi de ne pas tenir compte des pires formes de travail des enfants, des droits à la liberté syndicale et à la négociation collective, et des principes d'égalité à l'égard des femmes et d'autres travailleurs souvent discriminés.
Le refus de prendre en compte ces droits fondamentaux des travailleurs dans les accords commerciaux permet aux investisseurs de parcourir le monde à l'affût de gouvernements qui, dans le cadre d'une compétition permanente pour ne pas perdre d'investissements et de contrats, choisissent de ne pas assumer leurs obligations internationales et morales de protéger leur main-d'oeuvre nationale.

Selon les " groupes spéciaux " (panels) de l'OMC, un produit fabriqué illégalement par des enfants dans des conditions dangereuses, ou par un travailleur occupé dans un atelier clandestin travaillant en équipe 48 heures d'affiliée, est identique à un produit fabriqué dans des conditions de travail légales, sûres et humaines. La neutralité de l'OMC sur ce point est effectivement un encouragement à saper les normes internationales du travail.

Si la FGTB soutient en principe un système commercial multilatéral fondé sur des règles, elle s'oppose vivement à un système conçu pour permettre aux entreprises de tirer parti des travailleurs qui n'ont guère, voire aucune protection contre l'exploitation. Les pays qui, globalement, essaient de garantir le respect des normes internationales du travail (comme le Brésil, l'Afrique du Sud ou encore la Jamaïque) perdent des investissements étrangers au profit de pays qui ne respectent pas ces normes.

Selon Guy Rider, le secrétaire général de la Confédération Internationale des Syndicats Libres (CISL) dont la FGTB est un des membres fondateurs, " la mondialisation a le potentiel d'apporter d'importants bénéfices à des millions de personnes, mais si tous les membres de l'OMC se sont engagés à défendre les droits fondamentaux des travailleurs, il est cependant lamentable de noter qu'ils ne tiennent pas leur promesse puisqu'ils permettent que le système commercial international piétine ces droits dans la course destructrice à reculons que l'OMC encourage."

Et cette course à reculons s'est accélérée avec l'expansion mondiale des zones franches d'exportation (ZFE) qui sont particulièrement conçues pour attirer l'investissement étranger. Bien qu'elles soient une précieuse source d'emplois, elles sont presque toujours la scène de violations systématiques des droits des travailleurs. Au nom du développement économique, les travailleurs de toutes les régions du monde et en particulier les quelque 43 millions estimés de travailleurs des ZFE, principalement des jeunes femmes, sont enfermés dans des fabriques pour faire des heures supplémentaires qui leur sont imposées et qui sont souvent non rémunérées, risquant le licenciement si elles tombent enceintes et recevant des amphétamines des managers pour pouvoir tenir le coup pendant des heures de travail extrêmement longues. En outre, selon la CISL, il y a eu en 2002 dans les ZFE des exemples innombrables de répression de militants syndicaux *.

Ce processus est aggravé par l'accession à l'OMC de la Chine, laquelle, avec le démantèlement des systèmes de quota aux termes des accords de l'OMC, réussit à détourner les investisseurs de nombreux autres pays en développement et à les attirer vers son économie au rabais, notoirement réputée pour son interdiction catégorique de tout syndicat indépendant et pour la répression de toute tentative des travailleurs d'améliorer leur propre situation.

La FGTB engage par conséquent la délégation gouvernementale belge présente à la Conférence ministérielle de l'OMC à Cancun, de ne pas ignorer les effets débilitants de la course à reculons qui se fait au détriment des travailleurs dans les pays riches et pauvres. Un système de libre commerce sans respect des droits fondamentaux des travailleurs, actuellement favorisé par les membres de l'OMC, n'allège pas la pauvreté, il l'exacerbe.

En réclamant le respect des droits des travailleurs à l'OMC, la FGTB soutient la campagne du groupement Global Unions sur la mondialisation dont l'objectif est de sensibiliser la communauté et de développer le soutien de l'opinion publique en faveur des intérêts des personnes qui doivent prédominer dans ces processus.

Pour des informations de référence sur la position syndicale internationale à l'égard des développements à l'OMC, visitez la page : http://www.global-unions.org/globalisation


La délégation FGTB présente à Cancun est composée de

Daniel Van Daele, Secrétaire Fédéral FGTB - Tél. 0052-998-881-26.23/24 ou 25
Carlos Polenus, Vice président SETCa - Tél. 0052-998-881-55.00 ou 56.00
Jo Vervecken, adviseur service d'études économique FGTB - Tél. 0052-998-881-44.00

* Selon le rapport de l'Organisation internationale du travail sur les ZFE "L'emploi et la politique sociale dans les zones franches d'exportation (ZFE" (mars 2003)

Consultez également notre DOSSIER sur la Conférence de l'OMC à Cancun

   
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