13 mars 2016 : Si l'écart salarial F/H pouvait attirer autant l'attention!

Les femmes gagnent toujours 20% de moins que les hommes. La Journée de l’égalité salariale n’est pas un jour de fête, mais un jour de lutte. Luttons ensemble pour faire disparaître au plus vite l’écart salarial !


L’écart diminue, oui, mais trop lentement !

Depuis 12 ans, la FGTB lutte contre l’écart salarial. Pas sans résultat, puisque l’écart salarial a diminué depuis la toute première campagne pour l’égalité salariale et ne s’élève plus qu’ à 20% au lieu de 28%. Une évolution positive mais, à ce rythme, il faudra attendre 2051 pour supprimer totalement l’écart salarial. Nous ne voulons pas attendre aussi longtemps.


La faute au temps partiel

La principale cause de cet écart est le travail à temps partiel (involontaire) : 41,4% des femmes travaillent à temps partiel, contre seulement 9,1 % des hommes. Sur 5 travailleurs à temps partiel, il y a donc 4 femmes. Pas parce que les femmes ne veulent pas prester davantage d’heures (8,5% seulement ne veut pas travailler à temps plein) mais parce qu’elles doivent s’occuper de la garde des enfants, d’un parent âgé ou malade.En cause : l’insuffisance des structures d’accueil et des équipements collectifs pour la petite enfance mais aussi pour les cas de handicap mental ou physique ainsi que pour les personnes dépendantes.

 


Discrimination horizontale et verticale

Le temps partiel explique l’important écart salarial sur base du revenu annuel, mais l’écart sur base du revenu horaire est lié à la structure même du marché du travail et à la place que les femmes y occupent, ainsi qu’à leur possibilités de promotion. Joue également des éléments du package salarial dont bénéficient plus les hommes que les femmes.
 

1. Le choix des études

Le choix des filières d’enseignement est déterminant dans l’écart salarial entre les hommes et les femmes. Il joue aussi dans la trajectoire de la carrière, qui diffère en fonction du sexe. Pourtant, les filles en général brillent à l’école plus que les garçons et il sort des écoles plus de filles diplômées que de garçons.
 

2. Le secteur d’activité ou la profession exercée

Les femmes exercent souvent une profession moins bien rémunérée. Les femmes sont surreprésentées dans certains secteurs, notamment dans les soins, le social et le non marchand. On les retrouve également majoritairement dans d’autres secteurs où les salaires sont moins élevés. Les secteurs où les salaires sont plus élevés -comme l’industrie chimique, l’industrie pharmaceutique et l’informatique- restent des secteurs masculins.
 

3. Les interruptions de carrière

Les interruptions de carrière et le crédit temps s’expliquent par le fait que les structures d’accueil et de soins sont insuffisantes. Même si les congés thématiques sont un droit pour les deux sexes, ce sont majoritairement les femmes qui prennent un congé parental (ou un congé pour assistance d’un membre de la famille). Ces décisions, généralement prises par le couple, s’expliquent par le fait que le salaire des femmes est souvent inférieur à celui de leur mari/compagnon. Sacrifier le salaire le plus bas est un calcul financier plus intéressant à court terme.
Une interruption (partielle) de carrière ne signifie pas seulement un revenu moins élevé mais aussi moins de possibilités de promotion ou d’augmentation salariale, sans oublier les droits de pension réduits qui en découlent pour certains types de crédit temps.
 

4. « Plafond de verre » et « sol collant »

Les femmes accèdent moins facilement aux fonctions hiérarchiques plus élevées et voient leur chances de promotion limitée (le plafond de verre) ou mettent plus de temps pour y parvenir (le sol collant).


Il est grand temps que ça change !

Ce n’est qu’en tendant vers plus d’égalité et vers un partage plus équitable des tâches familiales et ménagères que les femmes pourront prétendre à un emploi à temps plein (et un salaire à temps plein). C’est pourquoi, la FGTB vous invite à vous mettre pour un jour dans la peau d’une femme et à accorder toute votre attention, non pas à ce décolleté généreux, mais à sa fiche de paie.
 

La FGTB veut supprimer l’écart salarial

Nous demandons aux employeurs :

  • d’offrir des temps pleins, d’élargir les horaires à temps partiel prestés par des femmes ;
  • d’offrir des heures de travail fixes, permettant de combiner 2 emplois à temps partiel ;
  • de prévoir, tant pour les femmes que pour les hommes, une organisation du travail favorable à la vie privée ;
  • de convertir la flexibilité en emplois soutenables ;
  • d’évaluer correctement le bilan social, de prendre au sérieux le rapport d’analyse des salaires, de s’atteler, avec les travailleurs, à un plan d’action visant à réduire l’écart salarial F/H.


Nous demandons aux pouvoirs publics :

  • des structures d’accueil pour la petite enfance, pour les personnes âgées ou malades, à un coût abordable ;
  • de veiller à ce que la loi sur l’écart salarial du 22 avril 2012 (résultat des campagnes pour l’égalité salariale) soit intégralement appliquée;
  • de ne pas punir les travailleuses à temps partiel en réduisant de moitié leur AGR après deux ans de perception ;
  • de prévoir davantage – et non moins - de périodes assimilées, dans le cadre de la réforme des pensions, de manière à permettre d’avoir une carrière de 45 ans ;
  • et pour terminer, une réduction collective du temps de travail avec maintien du salaire et embauches compensatoires pour apporter une solution à la difficile combinaison vie privée/vie professionnelle et l’écart salarial F/H persistant qui en résulte.