Journée de l'égalité salariale 2006
Le 31 mars 2006, la FGTB organise la Journée pour l’égalité salariale (Equal Pay Day). Cette campagne n’est pas lancée sans raison. A l’heure actuelle, trop de personnes pensent que la différence de salaires entre femmes et hommes appartient au passé. Pourtant la réalité est tout autre…
Si la Belgique a souvent été montrée comme une bonne élève au sein de l’Europe parce que l’écart y est moins important que dans d’autres pays de l’Union, il n’y a plus eu d’évolution vers une réduction de cet écart depuis les années 1990. Pire, selon un rapport de 2005 de la Commission européenne sur l’égalité entre femmes et hommes, il apparaît que l’écart salarial en Belgique a augmenté entre 1998 et 2003.
Pour dénoncer cette inégalité, la FGTB organise, en collaboration avec le PS, le SP.a (Zijkant), la Journée de l’égalité salariale «Equal Pay Day».
En savoir plus:
- Trois mois de plus
- L'écart se creuse dès l'enfance...
- ... et se poursuit sur le marché du travail
- Vers des filières dévalorisées?
- Voir l'affiche de la campagne
Trois mois de plus
Cette journée pour l’égalité salariale aura lieu le 31 mars, une date qui n’a pas été choisie par hasard. Cette journée symbolise le fait que, pour gagner le salaire annuel moyen des hommes, les femmes doivent travailler jusqu’au 31 mars de l’année suivante, soit trois mois de plus que les hommes. La campagne Equal Pay Day 2006 sera aussi un hommage à toutes les femmes qui, il y a quarante ans, lors de la grève de la FN, sont montées au créneau.
L’écart se creuse dès l’enfance…
La différence salariale entre hommes et femmes s’installe très tôt. D’après une enquête sur l’argent de poche réalisée par la banque Dexia, il apparaît que les jeunes filles de 12 ans reçoivent en moyenne 22,16€ d’argent de poche mensuel contre 22,42€ pour les garçons du même âge. La différence est certes subtile mais elle augmente avec les années, surtout lorsqu’on entre sur le marché du travail.
En ce qui concerne les jobs d’étudiant, par exemple, l’écart entre filles et garçons est le même que celui qui existe au sein du marché du travail des adultes. Les garçons sont en général engagés dans des secteurs mieux payés. Ils travaillent comme ouvriers de production ou comme magasiniers dans les entreprises. Les filles sont plutôt engagées pour un job tel que vendeuse, caissière, serveuse ou technicienne de surface. Leur salaire est de 15 à 20% inférieur.
…Et se poursuit sur le marché du travail
Aujourd’hui, le taux d’emploi des femmes en Belgique est de 53% contre 68% pour les hommes.
Les femmes sont majoritaires parmi les employés et dans le secteur public. Elles sont minoritaires au sein du monde ouvrier mais, leur nombre est stable depuis ces 20 dernières années tandis que le nombre d’ouvriers masculins continue de diminuer.
Dans la plupart des études réalisées, on parle d’un écart salarial moyen de 12% au détriment des femmes, différence calculée sur base du salaire horaire brut. Lorsque l’écart salarial est observé d’après le salaire mensuel brut ou le salaire annuel brut, la différence est plus importante encore car le travail à temps partiel et le travail intérim (majoritairement occupés par des femmes) sont pris en compte.
L’écart salarial varie selon les secteurs. Cette différence est plus grande dans les secteurs où il y a peu de femmes comme le secteur chimique ou encore celui de l’électronique. On constate par ailleurs que, plus le secteur est riche (banques, assurances, énergie), plus l’inégalité dans la distribution de la masse salariale est importante. Par contre, dans les secteurs moins bien payés, comme l’Horeca, les variations de salaires sont moindres notamment parce qu’il y a moins de fonctions différentes. Toutefois, si cette différence est moins importante, elle entraîne davantage de difficultés car, pour les petits salaires, chaque centime compte…
La différence de salaire s’explique aussi par une série d’autres facteurs comme les études (l’écart salarial est plus important parmi ceux qui ont fait des études supérieures), la taille de l’entreprise (l’écart est plus important dans les grandes entreprises) et le fait de travailler à temps plein ou à temps partiel (l’écart est plus important chez les travailleurs à temps plein. Dans le travail à temps partiel, le sexe joue un rôle peu important en matière de salaires).
Non seulement les femmes gagnent moins que les hommes mais elles bénéficient également de moins d’avantages extra-légaux comme les chèques-repas, les primes de mariage ou encore l’assurance maladie.
Vers des filières dévalorisées?
En ce qui concerne la formation, on constate que les choses ont évolué. Aujourd’hui, en Wallonie, 29% des femmes (de 25 à 65 ans) ont un diplôme supérieur contre 26% des hommes. Bref, aujourd’hui, non seulement les femmes font des études supérieures mais elles sont plus diplômées que les hommes.
On constate toutefois, qu’il y a des filières davantage fréquentées par les garçons (informatique, ingénieur, études scientifiques). Les jeunes femmes, quant à elles, choisissent plutôt d’étudier les sciences humaines.
Les femmes choisissent-elles les mauvaises filières? Rien n’est moins sûr. Par contre, force est de constater que les études privilégiées par les femmes ne sont pas ou plus valorisées. Peut-être parce qu’elles se féminisent… Les études de médecine, par exemple, comptent plus d’étudiantes que d’étudiants. Une profession plus que nécessaire mais nettement moins valorisée de nos jours (c’est le cas des médecins généralistes).
En outre, il apparaît que lorsque les femmes arrivent sur le marché du travail, elles bénéficient de moins de formations que leur collègues masculins