Qui veut des séniors ?

vendredi, 16 septembre 2011

 

C'est au problème du licenciement et à l’embauche des travailleurs âgés qu'il faut remédier. Un faible pourcentage des demandeurs d’emploi de plus de 49 ans parviennent à retrouver un travail.

 

En bref

 

Il y a près de 100.000 chômeurs de 50 à 59 ans qui attendent un emploi en dehors du cadre des prépensions. Y ajouter une trentaine de milliers de travailleurs âgés en leur barrant l’accès à la prépension n’améliorera pas le taux d’emploi des 55-64 ans, s’il n’y a pas création d’emplois, mesures contraignantes et aménagements de fin de carrière pour maintenir les travailleurs âgés à l’emploi.

 

En savoir +

 

Trop de chômeurs âgés

 

Aujourd’hui, il y a peu de nouveaux prépensionnés. Le problème se situe davantage au niveau du groupe des chômeurs âgés, qui lui continue de s'accroître.

 

Entre 2009 et 2010, le groupe de demandeurs d'emploi de 50 ans et plus a connu l'augmentation la plus importante (+ 14,7%), malgré la reprise économique. Une fois licenciés, ces travailleurs retrouvent difficilement un emploi.


Moins de prépensions = plus de chômeurs

 

En 2010, il y avait :

  • 470.000 chômeurs demandeurs d’emploi dont 53.000 âgés de 50 à 54 ans.
  • 48.000 chômeurs âgés de 55 à 64 ans toujours demandeurs d’emploi
  • 120.000 prépensionnés. Parmi ceux-ci, 37.000 ont moins de 60 ans.

 

Données 12/2010

50 - 54 ans

55 - 59 ans

60 - 64 ans

Total

 

Prépension

2.388

2%

36.714

30%

81.220

68%

120.322

100%

Chômeurs âgés (1)

53.442

28%

72.171

37%

64.856

34%

190.469

100%

dont chômeurs âges non demandeurs d’emploi

288

 

28.058

 

60.847

 

89.193

 

(1)demandeurs d’emploi et non-demandeurs d’emploi (dispensés de recherche d’emploi).

 

Conclusions :

Il y a près de 100.000 chômeurs de 50 à 59 ans qui attendent un emploi en dehors du cadre des prépensions.
30.000 travailleurs âgés supplémentaires par an à qui l’on aurait barré l’accès à la prépension avant 60 ans n’amélioreront pas le taux d’emploi des 55-64 ans, s’il n’y a pas d’autre part création d’emplois.

 

Trop peu d’emplois

 

Les prévisions du Bureau du Plan montrent que le marché ne pourra pas absorber les nouveaux demandeurs d’emploi. Il prévoit :

  • 48.000 nouveaux emplois créés chaque année entre 2013 et 2016
  • un taux d’activité qui grimpe à 69,7%, contre 68,1% au quatrième trimestre 2010
  • une baisse du chômage de l’ordre de 47.000 unités pour toute la période, compte tenu des nouveaux arrivants sur le marché de l’emploi
  • un chômage qui touchera encore 596.000 personnes en 2016

 

Responsabiliser les employeurs

 

Il y a un autre moyen de maintenir à l’emploi les travailleurs âgés : c’est de ne pas s’en débarrasser à la moindre occasion. Pour cela, il faut responsabiliser les employeurs qui licencient.

 

Les employeurs qui donnent accès à la prépension à leurs travailleurs âgés après leur licenciement sont responsabilisés et doivent payer des cotisations sociales. C'est le cas pour 120.000 prépensionnés et 7.644 « pseudo-prépensions ».

 

Les autres – presque 200.000 chômeurs âgés – ont été licenciés par des employeurs qui envoient leurs travailleurs au chômage après des dizaines d'années de loyaux services sans que cela leur coûte un centime. Surtout dans le cas des ouvriers, où l’indemnité de préavis est très faible.

 

C’est pourquoi la FGTB demande :

  • une meilleure protection contre le licenciement pour les ouvriers âgés : au moins 3 mois de préavis par tranche entamée de 5 années de carrière
  • une responsabilisation des employeurs qui doivent compenser une partie du coût des allocations de chômage et payer une cotisation sociale en fonction du nombre d'années de service de ces travailleurs

 

Atterrissage en douceur

 

Maintenir les travailleurs à l’emploi suppose aussi que l’on fasse en sorte qu’ils restent dans le coup par la formation continue et que l’on tienne compte de l’usure du temps en aménageant leur temps de travail ou en menant une politique du personnel adaptée.