Tunisie : Solidarité avec la révolution du Jasmin

mardi, 25 janvier 2011

 

La FGTB soutient l’Union générale des travailleurs de Tunisie (UGTT) qui a activement participé à la mobilisation en faveur d’une transition vers la démocratie. La FGTB continue de suivre de près l’évolution de la situation et la transition vers la démocratie.


Les manifestations de la rue ont mis en lumière un profond malaise social et politique en Tunisie :

 

  • taux de chômage extrêmement élevé, même chez les jeunes diplômés
  • forte croissance des prix des produits alimentaires
  • corruption des autorités, notamment des proches du Président
  • répression des libertés et de la liberté d’expression

 

La protestation a été réprimée dans la violence et le sang, mais le peuple a réussi. Le départ du Président Ben Ali et l’annonce d’élections ouvertes à l’opposition sont des signes encourageants. Toutefois, la transition vers la démocratie demandera du temps et une réforme du code électoral pour de vraies élections libres, ouvertes à l’opposition en exil.

 

Le syndicat tunisien UGTT, membre de la Confédération syndicale internationale, a apporté son soutien aux manifestants et exprimé sa solidarité avec la population. Les grèves organisées au niveau de 3 régions (dont Sfax, deuxième grande ville de Tunisie) ont été un succès total. En conséquence, dès le matin du 12 janvier, le siège central de l'UGTT a été encerclé par la police qui a utilisé la violence contre les syndicalistes et les militants de l’UGTT.

 

L’UGTT ne reconnait pas le gouvernement de transition. En outre, les 3 membres de l’UGTT qui avaient accepté de participer au gouvernement en ont démissionné. Ainsi, l’UGTT a publié une déclaration dans laquelle elle balise ses attentes et revendications :

 

  • formation d’un gouvernement de transition qui n’inclut pas de membres de l’ancien gouvernement
  • mise sur pied d’une commission d’enquête indépendante sur les violences et la répression sanglante contre les manifestants, sur la corruption, et sur la révision de la Constitution et du Code électoral
  • liberté des médias
  • dissolution des fédérations professionnelles « bidons » mises en place par le régime
  • séparation des structures de l’Etat et des partis politiques
  • droit de manifester et liberté d’association
  • reprise de l’activité économique
  • formation de comités par les structures syndicales locales et régionales pour protéger les locaux syndicaux, les familles, les citoyens, les bâtiments publics contre toute forme de pillage et d’attaque